4 000 trains verts en partance d’Anvers

C’est une première en Europe et un signal positif pour le développement des énergies propres. Hier, à 9h33 du matin, le premier train fonctionnant entièrement à l’énergie solaire a quitté la gare d’Anvers pour Noorderkempen, à quelques kilomètres plus au nord.

4 000 trains verts en partance d’Anvers
©EPA
Grégoire Comhaire

C’est une première en Europe et un signal positif pour le développement des énergies propres. Hier, à 9h33 du matin, le premier train fonctionnant entièrement à l’énergie solaire a quitté la gare d’Anvers pour Noorderkempen, à quelques kilomètres plus au nord.

Le premier d’une longue série, puisqu’Infrabel évalue à 4 000 le nombre de trains qui pourront annuellement revendiquer cette prouesse grâce à l’installation de 16 000 panneaux photovoltaïque sur un tunnel de la ligne à grande vitesse qui relie Amsterdam à Paris.

Le tunnel en question se situe au nord d’Anvers, sur le territoire de la commune de Schoten. Il longe l’autoroute E19, qui relie la métropole flamande à la frontière néerlandaise, et a l’avantage d’avoir un toit plat, ce qui le prédestinait peut-être à entrer dans l’histoire du rail à sa manière... "A l’origine, nous avons été sollicités par des partenaires pour l’installation de panneaux solaires à cet endroit" explique Frédéric Sacré, porte-parole d’Infrabel.

Parmi ces partenaires, on retrouve les sociétés Enfinity et Solar Power Systems - spécialisées dans les énergies renouvelables pour la première et dans l’installation de panneaux photovoltaïques pour la seconde - ainsi que deux intercommunales de financement : Finea et Ika.

L’investissement, qui s’élève à quelque 16 millions d’euros, devrait s’avérer lucratif puisque Infrabel rachètera l’entièreté de l’électricité produite pour la réinjecter localement dans son réseau, que ce soit pour l’alimentation du trafic ferroviaire ou pour faire fonctionner les panneaux de signalisation. "Le problème avec l’électricité est qu’on peut difficilement la transporter telle quelle sur des longues distances", poursuit Frédéric Sacré. "Elle va donc être transformée localement dans une sous-station de traction pour être ensuite utilisée sur ce tronçon."

Un tronçon plus que symbolique puisqu’emprunté quotidiennement par le Thalys et par d’autres grandes lignes effectuant la jonction nord-sud dans l’agglomération d’Anvers.

Pour fournir ce chiffre de 4 000 trains verts, Infrabel estime que les 16 000 panneaux photovoltaïques produiront annuellement 3300 MWh, soit la consommation moyenne de 1 000 ménages. Selon ces projections, l’économie annuelle d’émissions de CO2 devrait s’élever à 2 400 tonnes par an.

Et 3 300 MWh, c’est aussi la consommation en électricité d’une journée normale sur le rail belge !

Infrabel prévoit-il d’autres projets similaires à l’avenir ? "C’est un premier pas dans la bonne direction", indique encore Frédéric Sacré sans en dire davantage. Mais l’économie en CO2 que représente ce projet novateur montre, selon le gestionnaire du réseau ferroviaire belge, que le voyage en train devient progressivement de plus en plus écologique. "Les chemins de fer continueront à s’inscrire dans la volonté d’utiliser et de créer des énergies renouvelables pour une mobilité durable", indique-t-on ainsi chez Infrabel.