Les oiseaux, utilisateurs de mégots ?

Afin de repousser les parasites, les moineaux de Mexico composent leur nid de mégots et de brins d'herbe. Cette pratique s'est généralisée par «opportunisme » , comme l'explique Marcel Lambrechts, chercheur à Montpellier.

Les oiseaux, utilisateurs de mégots ?
©Johanna de Tessières
Pierric Brison (st)

Les petits oiseaux, de la ville de Mexico, collectionnent les mégots de cigarette en les déposant dans leur nid. D'après le Figaro, plus de 80% des nids de moineaux et roselins sont composés de bouts de filtre et de brins d'herbe. Il y aurait en moyenne huit mégots par nid de moineaux et jusqu'à dix pour les autres espèces, selon les chercheurs de l'université de Mexico.

Montserrat Suarez-Rodriguez et son équipe peuvent expliquer ce comportement : les filtres servent à repousser les parasites qui envahissent le nid. La santé des oisillons est donc préservée. Les parasites auraient par contre tendance à se rassembler dans les nids sans mégot. Ils fuient surtout l'odeur des fibres d'acétate de cellulose, qui contiennent une grande quantité de molécules toxiques. Mais ce procédé n'est pas nouveau, un des composés chimiques de la nicotine est utilisé contre certains insectes, dans les poulaillers.

Mais comment cette pratique s'est-elle généralisée ? Marcel Lambrechts (CNRS, Montpellier) pense que « quelques oiseaux ont du essayer au départ. Si ça leur a plu et que ça a marché, les autres ont copié leur comportement. C'est opportuniste. » Il ajoute tout de même que le tabac est une plante originaire d'Amérique centrale. «Si en dehors des villes les oiseaux les utilisent dans leur nid, le comportement de ceux qui vivent à Mexico ne serait pas vraiment nouveau. »

Les oiseaux auraient un bon odorat et seraient même un petit peu « coquets », d'après une étude effectuée au début des années 2000 par le CNRS de Montpellier. Les chercheurs ont constaté que les mésanges bleues déposent certaines plantes médicinales dans leur nid (menthe, lavande, immortelle,...). Lorsque les scientifiques ont mis les herbes dans des plastiques, en dessous du nid, les oiseaux en rajoutaient systématiquement d'autres.

Les américains ont expérimenté le phénomène, à leur façon. Ils ont déposé des gouttes d'urine de loup, à proximité de lieux occupés par des canards. La réaction fut immédiate, ils ont immédiatement quitté les lieux.

Toutefois, les oiseaux de la ville de Mexico ne vivraient pas spécialement mieux grâce aux mégots. La toxicité des filtres viendrait « contrebalancer » l'effet positif.

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