"Il convient d’évaluer clairement ce que cela nous apporte et nous coûte"

Commandée par les 4 ministres de l’Energie en 2011, dans un contexte post-Fukushima, l’étude a été suivie de près par les cabinets. D’un point de vue technique, ce projet n’est pas utopiste, à condition de le vouloir...

C.Gr.
"Il convient d’évaluer clairement ce que cela nous apporte et nous coûte"
©Jean-Luc Flémal

Commandée par les 4 ministres de l’Energie en 2011, dans un contexte post-Fukushima, l’étude a été suivie de près par les cabinets. D’un point de vue technique, ce projet n’est pas utopiste, à condition de le vouloir. Est-ce le cas de nos politiques ?

Au cabinet de Melchior Wathelet (CDH), l’enthousiasme est mesuré : "Ce rapport nous démontre que c’est possible, mais à un coût qui n’est pas négligeable. C’est une intéressante palette de pistes qui est proposée, mais il convient d’évaluer clairement ce que cela nous apporte et ce que cela nous coûte. Tout le monde est-il prêt à faire l’effort ? Il est clair que nous ne sommes pas contre le renouvelable, mais nous voulons rester très attentifs au coût que cela représente pour le consommateur".

Au cabinet de Freya Van den Bossche (sp.a), ça coince aussi sur le prix : "Le coût est plutôt considérable. On sait qu’il faut évoluer dans ce sens, mais on peut s’interroger sur la nécessité d’aller jusqu’à 100 %. Le travail effectué n’en est pas moins important puisqu’il nous dit que l’on peut y arriver".

Au cabinet Huytebroeck (Ecolo), on l’assure : "Non seulement cet objectif n’est pas une utopie, mais c’est même une obligation. Notre modèle actuel n’est pas tenable pour des raisons à la fois économiques et environnementales. Y arriverons-nous pour 2050 ? A la limite, peu importe. L’important, c’est, dès maintenant, de maximiser le potentiel du renouvelable, se fixer des objectifs et mettre sur pied un cadre politique. Chaque niveau de pouvoir doit prendre des mesures pour stimuler le renouvelable. C’est possible, reste à savoir dans quel horizon de temps".

Du côté du cabinet Nollet (Ecolo), on se focalise aussi sur les gains potentiels, notamment en termes de création d’emplois. "On a fait des plans sur la comète pendant des années. Maintenant, on sait que c’est faisable, essayons de faire aboutir ce projet en concertation avec tous les niveaux de pouvoir".

Les ONG environnementales, de leur côté, estiment que le rapport constitue une base sérieuse et invitent les différents gouvernements à concrétiser au plus tôt les pistes proposées en décisions politiques.