Qui va payer pour les changements climatiques?

La finance climatique est sur la table de l’Onu depuis vingt ans sans parvenir à se concrétiser. Du 3 au 14 juin, les experts internationaux se réunissent en Allemagne pour dégager la voie. En Belgique, le Fédéral doit rencontrer les Régions ce jeudi pour honorer ses engagements.

Qui va payer pour les changements climatiques?
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Valentin Dauchot

Soutenir les pays les plus vulnérables face aux conséquences du réchauffement climatique. Le principe sonne comme une évidence et l’idée n’est pas neuve. La "finance climatique" apparaît pour la première fois dans la Convention cadre de l’Onu de 1992 avec un double objectif : aider les pays en développement à adapter leurs infrastructures et les encourager à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre pour atténuer le réchauffement. Les pays dits "industrialisés" qui ont "historiquement contribué au réchauffement" sont repris dans une annexe I, ceux qui en subissent les conséquences dans une annexe II, et le principe qui suit est simple : les premiers apportent un soutien financier aux seconds et s’engagent officiellement à réduire leurs propres émissions de CO2.

Une partie de ces engagements est concrétisée en 1997 par le protocole de Kyoto qui devient le seul traité international contraignant en matière de réduction des gaz à effet de serre. Tous les pays repris à l’annexe I doivent s’y conformer. En revanche, pas un mot n’est écrit sur un éventuel soutien financier aux pays du Sud. A peine évoquée, la finance climatique tombe dans l’impasse. Il faut attendre 2006 et la publication d’un rapport qui évalue à 1 % du PIB le coût annuel des efforts destinés à réduire les émissions des gaz à effet de serre pour éviter les impacts les plus sévères du réchauffement, et entre 5 % et 20 % du PIB celui de l’inaction pour relancer le débat.

Touchés au portefeuille, les pays industrialisés finissent par signer le "plan d’action de Bali" qui prône une "action renforcée dans l’apport de ressources financières" et doit être concrétisé deux ans plus tard au sommet de Copenhague. La rencontre de tous les dangers qui tourne, comme on le sait, au fiasco.

Copenhague, Doha et les autres

Le protocole de Kyoto qui arrive à échéance en 2012 n’est reconduit que par l’Union européenne, l’Australie, la Croatie, l’Islande, la Norvège et la Suisse, soit 15 % des émissions mondiales de CO2. Les USA, le Japon, le Canada, la Russie et d’autres s’en retirent. La Chine, le Brésil et l’Inde qui n’en ont jamais fait partie, refusent de le rejoindre. Et on annonce fièrement l’objectif de contenir le réchauffement climatique à 2°C qui s’avère aujourd’hui être un échec programmé. Pour éviter de perdre totalement la face, les négociateurs mettent tout de même en avant les progrès réalisés dans le domaine de la finance climatique pour laquelle des montants précis ont enfin été arrêtés. Les pays industrialisés verseront 30 milliards de dollars entre 2010 et 2012, et 100 milliards par an d’ici 2020. Un "Fonds vert pour le climat" est créé pour faciliter le transit de cet argent, et la Conférence de Doha a pour seul mérite de convaincre in extremis la Russie, l’Ukraine, la Biélorussie et le Kazakhstan de rejoindre la seconde période du protocole de Kyoto (2013-2018). Rien n’est ajouté sur la finance du climat dont les modalités restent floues.


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