La génétique veut booster nos animaux

Si le clonage d'un mammouth n'est pas pour demain, le saumon transgénique va débarquer dans nos assiettes.

La génétique veut booster nos animaux
©AP
Sophie Devillers

Fin mai dernier, le corps congelé d’un mammouth laineux femelle a été retrouvé, dans le sol glacé d’une île de l’Arctique russe. Les scientifiques à l’origine de cette découverte ont affirmé que le prélèvement de tissus et de sang sur la carcasse augmentait grandement les chances de parvenir à cloner l’animal. Un clone est un ensemble d’objets identiques, créé par la biologie moléculaire. Matériel nécessaire pour le clonage d’un animal : les cellules de l’individu que l’on souhaite cloner, placées dans un milieu de culture ainsi qu’un ovocyte fraîchement fécondé ou à qui on fera subir une fécondation in vitro. Celui-ci devient un embryon à une seule cellule, dont on extrait le matériel génétique (ce qui programme la façon dont notre corps fonctionne). L’embryon devient une énorme cellule privée d’instructions génétiques, énuclée (sans noyau). On prend ensuite une des cellules qui poussent toujours dans le milieu de culture pour l’injecter avec son noyau dans l’embryon. “Dans un faible pourcentage de cas, l’embryon et le noyau réussissent à parler et faire redémarrer le processus de développement” , précise le Pr Michel Georges, spécialiste de la génétique animale (ULg).

On recrée un individu qui a les mêmes instructions génétiques que celui que l’on veut cloner, et qui va en quelque sorte devenir son jumeau monozygote. Le clonage est pratiqué de façon assez courante chez les animaux. Il comporte cependant des risques. Le clonage devait être à l’origine utilisé pour directement améliorer les processus de sélection dans l’élevage, espoir relativement déçu. Son utilité éventuelle en élevage, indirecte, résulte du fait qu’il pourrait améliorer l’implémentation d’une autre technique génétique : la transgenèse (introduction d’un gène étranger dans le matériel génétique d’un organisme) telle qu’utilisée pour produire des plantes “OGM”.


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