Kamakura, plage préférée des jeunes Tokyoïtes

Depuis quelques jours, la carte météo de la télévision japonaise est rouge écarlate. C’est désormais officiel : Cet été est le plus chaud jamais enregistré au Japon depuis 1872 avec des températures proches de 40°C dans les grandes villes de l’archipel.

Vincent Touraine, correspondant à Tokyo
Kamakura, plage préférée des jeunes Tokyoïtes
©Vincent Touraine

Depuis quelques jours, la carte météo de la télévision japonaise est rouge écarlate. C’est désormais officiel : Cet été est le plus chaud jamais enregistré au Japon depuis 1872, date des premiers relevés de la météorologie nationale ! Avec des températures proches de 40°C dans les grandes villes de l’archipel, l’usage de la climatisation est vivement recommandé. Surtout pour les personnes âgées, les plus vulnérables, et tant pis pour les économies d’énergie auxquelles les Japonais s’étaient astreints depuis la catastrophe de Fukushima.

Mais la jeunesse de Tokyo, elle, n’a pas attendu la canicule pour trouver la parade : Comme tous les étés, elle se donne rendez-vous sur les plages de Kamakura à une bonne heure de train de la capitale.

Sur des kilomètres de littoral, c’est le même spectacle : Pas de végétation ou presque, juste une vaste étendue de sable noir, surchauffée et surpeuplée en été, et puis la mer… Pas très nette elle non plus : l’eau y est trouble, pleine de détritus, mais au moins, elle est bien chaude ! Kamakura est beaucoup plus réputée pour son ambiance que pour la beauté de ses plages : À part les surfeurs qui viennent là pour les rouleaux qu’on y trouve tout au long de l’année, les jeunes Tokyoïtes s’y bousculent avant tout pour s’y amuser.


Le paradis de la drague

Spécialité du coin : Les "beach houses" construites à même le sable, et où l’on peut boire du matin jusqu’au soir. Kazuya est en charge d’un de ces bars, sponsorisés par de grandes marques. L’air de rien, le jeune homme surveille son équipe d’hôtesses court vêtues qui distribuent des éventails publicitaires. Ces plages, il les connaît "depuis qu’il est gosse". S’il y travaille aujourd’hui, il reconnaît que son job est "plutôt cool" ! Kamakura, c’est aussi le paradis de la drague, comme en témoignent les filles en bikinis affriolants et au maquillage impeccable.

Au "Malibu" beach bar, une jeune fille qui a osé le string est très sollicitée, rareté oblige. Venue pour la journée avec deux de ses amies, Naomi, elle, n’est pas là pour se faire embêter, mais pour bronzer tranquillement. Arrivée dans la matinée, elle n’a toujours pas mis un pied dans l’eau : "Les vagues me font un peu peur" avoue-t-elle ! Pendant ce temps, et dans l’indifférence générale, les maîtres-nageurs scandent comme des robots leurs consignes de sécurité dans des haut-parleurs.


Les Yakuzas en week-end

Les garçons aux corps huilés dorent gentiment au soleil, une bouteille de bière à la main. Certains arborent d’impressionnants tatouages et n’ont pas l’air très aimables. Peut-être des yakuzas en week-end ! C’est ce mélange des genres que Sebastian, allemand vivant à Tokyo, aime retrouver ici. Kamakura, il y vient tous les étés pour s’y balader avec son chien "Elvis", toléré, tant qu’il est tenu en laisse. Une " routine " qui rime avec vacances pour lui. Toutes les cinq minutes, des filles veulent caresser son chien, qu’elles trouvent tellement "kawaii", "trop mignon" en Japonais ! "À partir de l’an prochain", dit-il en plaisantant, "je demanderai une pièce à chaque fois !". Un job d’été comme un autre…

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