Le Danemark ouvre un supermarché de produits périmés, et chez nous ?

De nombreux projets pour lutter contre le gaspillage alimentaire commencent à voir le jour, comme cette semaine à Copenhague.

Le Danemark ouvre un supermarché de produits périmés, et chez nous ?
©REPORTERS
S.C

De nombreux projets pour lutter contre le gaspillage alimentaire commencent à voir le jour, comme cette semaine à Copenhague.

C'est déjà le cas aux pays-Bas où le concept remporte un franc succès. Plusieurs supermarchés qui délivrent uniquement des produits « périmés » ont également vu le jour en France et puis aux Etats-Unis, un café dernièrement a été développé par le chef Adam Smith en Angleterre. Cette semaine, c'est au Danemark qu'une telle ouverture fait le buzz. L'objectif, c'est évidemment de lutter contre le gaspillage alimentaire, un véritable problème dans notre société de sur-consommation. Chaque année, la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) relève près de 1,3 milliard de tonnes de denrées comestibles jetées tout simplement à la poubelle.

WeFood vient d'être inauguré à Copenhague. Le magasin ne vend que des produits périmés ou dont l'emballage a été abîmé. On y retrouve toutes sortes d'aliments (pain, viande, fruits et légumes, etc.) proposés à un prix 30 à 50 % moins cher que dans les supermarchés habituels. Ce projet est mis en place par l'association caritative DanChurchAid. Il est donc géré par des bénévoles. Et tous les bénéfices serviront à financer leurs actions dans les pays pauvres. Mais le parcours pour y arriver n'a pas été simple...

Le Danemark ouvre un supermarché de produits périmés, et chez nous ?
©WEFOOD


Comme ailleurs en Europe, des lois interdisent la vente de produits dont les étiquettes indiquent qu'ils sont périmés. L'ONG danoise a donc dû négocier avec le gouvernement. Elle s'est également associée à deux supermarchés qui acceptent de fournir les denrées qui ont dépassé la date de péremption. Si le gaspillage alimentaire reste élevé au Danemark, il a diminué de 25 % depuis cinq ans grâce à plusieurs actions de ce genre. Il y a trois ans, un restaurant spécialisé dans ce type d'aliments ouvrait ses portes à Copenhague par exemple.

Et chez nous en Belgique ?

Consommer des produits « périmés » ne semble pas effrayer la majorité des Belges. Selon une enquête de l'Institut de Santé publique, plus de six personnes sur dix (65%) disent avoir déjà mangé des denrées dont la date de péremption était dépassée (yaourts, fromages blancs et produits secs principalement), alors qu'on n'en relevait que 39 % en 2004. Et pourtant un citoyen belge jette en moyenne 15 à 20 kg de nourriture par an.

Il faut savoir qu'il existe une différence entre la mention DDM (à consommer de préférence avant le...) et DLC (à consommer jusqu'au...). La première n'engendrant pas de risque pour la santé si le consommateur mange des produits après la date inscrite, contrairement à la deuxième. Les grandes surfaces commencent à faire quelques efforts pour limiter le gaspillage depuis la suppression en 2013 de la TVA sur les dons d'invendus. Certains collaborent donc avec les banques alimentaires.

Dès le mois de mars, le restaurant bruxellois AUB-SVP  proposera une fois par saison un menu gastronomique composé à partir de surplus alimentaires.A Herstal, la lutte contre le gaspillage alimentaire va même plus loin. Les supermarchés de la ville sont obligés de donner leurs invendus aux associations d'aide alimentaire pour obtenir le renouvellement de leur permis d'environnement.



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