"La souffrance inimaginable" de porcs dans l'abattoir de Tielt (VIDEO)

L'organisation Animal Rights dénonce la maltraitance infligée aux porcs dans l'abattoir de Tielt. Le ministre flamand du Bien-être animal Ben Weyts a fermé l'abattoir.

CdM avec Belga

Attention, les images sur la vidéo ci-dessus peuvent heurter.

Ce jeudi, l'association de défense des animaux Animal Rights a diffusé une vidéo montrant des porcs en souffrance dans l'abattoir de Tielt en Flandre occidentale. A la suite de ces images, le ministre flamand du Bien-être animal Ben Weyts (N-VA) a ordonné de révoquer la licence de l'abattoir, suspendant de ce fait les activités.

L'association de défense des animaux a introduit une plainte auprès du parquet de Bruges à l'encontre de l'abattoir. Les images montrent "les pratiques frauduleuses du plus grand abattoir de Belgique" et la "souffrance inimaginable" que les porcs y endurent. Animal Rights dénonce des infractions à la législation relative à la protection des animaux au moment de leur abattage.

Le film, d'une durée de cinq minutes, montre notamment les chocs électriques qui sont administrés aux porcs. En outre, "nous avons vu des porcs estropiés qui sont brutalement trainés par les oreilles. Un cochon qui n'est pas en mesure de pouvoir marcher est, lui, tiré hors du camion à l'aide de chaînes autour de ses pattes."

Malgré les obligations légales qui imposent, en Flandre, l'étourdissement des animaux avant leur abattage, on peut voir sur les images à plusieurs reprises des porcs qui sont entièrement abattus sans étourdissement et égorgés, poursuit l'organisation. L'étourdissement au gaz utilisé dans l'abattoir n'est par ailleurs pas toujours efficace. La loi oblige dans de tels cas de prendre des mesures supplémentaires pour anesthésier les animaux destinés à l'abattage. Or dans la pratique, ce n'est que rarement effectué.

Certains porcs morts, durant le transport par exemple, sont quand même utilisés pour une future commercialisation alors qu'ils devraient en principe être retirés du marché. Dans le film, on entend un des travailleurs de l'abattoir déclarer: "si le vétérinaire ne le voit pas, un couteau en fera son affaire".

Gaia porte plainte contre les "bourreaux d'animaux"

Dans un communiqué, l'organisation de défense des animaux GAIA annonce qu'elle va elle aussi porter plainte "contre les bourreaux d'animaux qui travaillent à l'abattoir de cochons de Tielt". Michel Vandenbosch, le président de GAIA, explique : « En concertation avec nos collègues de l'association Animal Rights, nous ferons ensemble le nécessaire pour que ces psychopathes et tous ceux qui sont responsables de ces cruautés soient punis pour leurs actes. Nous demandons justice pour ces cochons sans défense, qui sont traités comme de la viande sur pattes, et subissent des maltraitances inouïes ».

De son côté, la Fédération Belge de la Viande a également découvert "avec effroi" les images tournées dans l'abattoir de Tielt. "Les infractions commises à l’encontre du bien-être animal, ainsi que les commentaires qui ont été filmés, sont consternants, et totalement à l’opposé des efforts que livre la FEBEV dans ce domaine, en collaboration avec ses membres", note l'organisation dans un communiqué.

La chaîne de supermarchés Delhaize a mis un terme immédiat à sa collaboration avec l'abattoir de Tielt a indiqué ce jeudi le porte-parole Roel Dekelver. "Le bien-être animal est à nos yeux une priorité lors de la conclusion d'un contrat. Nous estimons inacceptables que ces conditions ne soient pas respectées". En Flandre, Delhaize était un client important de l'abattoir de Tielt.

Ouverture d'une enquête en interne

Debra-Group, une des plus grandes entreprises d'abattage et de production de viande porcine en Belgique, qui détient l'abattoir de Tielt (Flandre occidentale), a ouvert une enquête en interne. L'entreprise n'a pas nié les faits. "Nous sommes très choqués par les images. Mais nous ne les nions pas. Il est clair qu'elles ont été tournées chez nous", a réagi le CEO de Debra-Group, Thomas De Roover De Brauwer.

L'entreprise a immédiatement lancé une enquête en interne et compte ensuite prendre des mesures appropriées. Une décision prise après que le groupe a découvert les images mercredi soir. Des mesures immédiates ont également été appliquées. "Le personnel a déjà été informé ce matin à 4h. Notre service de qualité va également commencer une surveillance constante en milieu de travail, ce qui se produit normalement de façon assez aléatoire", indique le CEO du groupe.

"Nous suivrons cette affaire durant un certain temps. Nous souhaitons absolument nous assurer et garantir que ce genre de faits ne se reproduisent pas à l'avenir", conclut M. De Roover De Brauwer.