Et si on arrivait à prédire des éruptions de volcans en les écoutant respirer?

Une nouvelle méthode développée par les Universités de Cambridge et de Bruxelles pourrait bien révolutionner le monde de la volcanologie.

Et si on arrivait à prédire des éruptions de volcans en les écoutant respirer?
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Rédaction en ligne

Une nouvelle méthode développée par les Universités de Cambridge et de Bruxelles pourrait bien révolutionner le monde de la volcanologie.

Empire romain, 79 après Jésus-Christ. Le Vésuve se réveille, crache toute sa colère et engloutit la cité de Pompéi, qui restera figée à jamais par la puissance du volcan. Si le géant campanien est endormi depuis 1944, bien d'autres en Europe et partout dans le monde sont toujours actifs et donc de potentielles menaces.

Mais comment faire pour prévoir une prochaine éruption ? La méthode est évidemment d'analyser les fréquences sismiques aux alentours du volcan. Mais celles-ci n'apparaissent que quelques jours avant le Jour J. C'est peu pour évacuer parfois des villes entières.

Des chercheurs des Universités de Cambridge et l’équipe du G-TIME de l’Université libre de Bruxelles ont mis au point une nouvelle façon de prédire le réveil des volcans en introduisant un nouveau paramètre appelé la vitesse sismique.

"Elle permet d’observer la respiration des volcans, soit le rythme de gonflement et de dégonflement de la chambre magmatique", explique l'ULB. "Une variation de la vitesse sismique est le signe d’un événement se déroulant au cœur du volcan, comme une remontée de magma ou une variation de la concentration en eau."

La nouveauté proposée par les deux unifs est un logiciel permettant de calculer automatiquement ces vitesses sismiques. Pour le mettre au point, les équipes de chercheurs ont étudié l'activité du volcan Kilauea, situé à Hawaï, pendant quatre ans.


"Les chercheurs ont observé les changements de la vitesse sismiques dans le volcan", poursuit l'ULB. "Ils ont ensuite comparé ces observations avec des mesures de déformation de l’édifice volcanique sur la même période."

"Dans le cas du Kīlauea, nous avons obtenu pour la première fois une excellente corrélation entre la vitesse sismique et la déformation du volcan", explique de son côté Corentin Caudron, un des chercheurs de l'Université Libre de Bruxelles.

Reste à poursuivre ces observations sur d'autres types de volcans, afin d'affiner les premières conclusions. Mais "la respiration des volcans déduites des vitesses sismiques, observables 24h/24 et 7 jours sur 7, devrait donc bientôt faire partie des outils de surveillance officiels des sismologues du monde entier."

On se souvient qu'en février 2014, l'éruption du volcan indonésien Sinabung avait fait 15 morts. Plus tard dans l'année, le Mont Ontake, au Japon, se réveillait et causait la morts de 56 personnes. C'est dire si le développement de ce nouveau logiciel est un atout précieux pour prévenir de futures éruptions et éviter bien des catastrophes !