L’alimentation durable (saine, de qualité, diversifiée, pour tous, à un prix raisonnable) pourrait créer des milliers de nouveaux emplois à Bruxelles d’ici 2020. Une étude des Facultés Saint-Louis évalue le potentiel à 3 200 nouveaux emplois (2 500 à présent). Mais cela demande une nouvelle vision des systèmes alimentaires à Bruxelles. C’est l’objectif du nouvel axe "alimentation durable" de l’Alliance emploi-environnement (AEE). Cet accord, qui vient d’être signé, regroupe le gouvernement bruxellois (représenté par Rudi Vervoort, PS, Céline Fremault, ministre de l’emploi CDH et Evelyne Huytebroeck, ministre de l’Environnement, Ecolo), des sociétés, des ASBL… Les partenaires ont défini ensemble des actions prioritaires (50), qui seront soutenues par le gouvernement (500 000 euros/an, jusque sans doute 2015 ; le nombre d’action baissera probablement après ). Parmi les actions :

Les cantines. Le gouvernement veut entre autres travailler sur les structures collectives. Jusqu’ici, il a surtout misé sur les formations ou les cahier des charges. A présent, 80 % des cantines intègrent dans ces cahiers des prescriptions de durabilité. Les changements d’habitude seront à présent financés. "Ce n’est pas la nourriture qui coûte, mais changer la façon de travailler (formation, casser un ancien marché…). Mais on n’impose rien."

L’agriculture urbaine sera soutenue. Comment ? En conservant des terrains encore agricoles (Neerpede…), ou soutenant les projets innovants comme Groupe One (lire par ailleurs) et les associations comme "Le début des haricots" (qui veut faciliter l’installation de petits agriculteurs à Bruxelles et en périphérie), en réalisant un cadastre des surfaces dédiées à la production agricole….

Les invendus. "Rien ne sera imposé." Mais les partenaires ont réalisé qu’il manquait un maillon de la chaîne, entre la (grande) distribution et les organismes sociaux utilisateurs. Une action consiste donc de mettre en lien les distributeurs et ASBL qui utilisent les invendus, sous forme d’un logiciel. Un organisme d’insertion socioprofessionnelle sera aussi créé pour récupérer et transformer ces invendus.

Le social. Les projets de l’AEE s’accompagnent souvent d’opportunités de formation et d’insertion pour les publics précarisés. Le Groot Eiland (lire par ailleurs) prépare un restaurant bio et un potager sur le site Bellevue à Molenbeek. L’étude des FUSL montre que l’alimentation durable a poursuivi sa croissance pendant la crise et se distingue notamment par une proportion importante de travailleurs faiblement et moyennement qualifiés et résidant à Bruxelles. (So.De.)