Dans trois rapports publiés mercredi par le National Research Council, des scientifiques américains écrivent que les Etats-Unis devraient montrer l'exemple en limitant les émissions à l'équivalent de 170 à 200 gigatonnes de dioxyde de carbone pour la période 2012 à 2050. Cet objectif, qualifié de "raisonnable", est en ligne avec ceux proposés par l'administration Obama.

"Bien que la limitation des émissions de gaz à effet de serre doive être un effort global pour être efficace, des initiatives fortes de la part des Etats-Unis encourageront les autres pays à faire de même", estiment les experts dans ces rapports. "Les Etats-Unis devraient mettre en place un budget qui limite les émissions nationales totales sur une certaine période", ajoutent les chercheurs de la National Academy of Sciences qui regroupe plusieurs organisations scientifiques. "Plus le pays attend pour réduire ses émissions, plus atteindre ce but sera onéreux et ardu", affirment les chercheurs.

Aux Etats-Unis, les émissions de gaz polluants n'ont cessé d'augmenter depuis trois décennies (+1% par an), sauf pendant la récente récession, ajoutent les rapports. En 2008, selon les derniers chiffres, les Etats-Unis ont rejeté pour 7 gigatonnes de dioxyde de carbone. A ce rythme, le plafond érigé pour 2050 sera largement dépassé.

Les rapports préconisent l'attribution d'un prix au carbone et l'institution d'un marché d'émissions carboniques (dit "cap and trade") où un quota d'émissions nationales est mis en place, les entreprises émettrices se voyant donner des limites qu'elles peuvent monnayer. Un projet de loi sur les énergies nouvelles et le climat présenté actuellement au Sénat par le sénateur John Kerry contient une proposition de marché de droits d'émissions de gaz à effet de serre.

Ce texte prévoit de réduire les émissions de gaz carbonique de 17% d'ici 2020 par rapport au niveau de 2005. Les scientifiques du National Research Council estiment que le pays doit également se préparer à s'adapter aux impacts du changement climatique telles que la montée du niveau de la mer, la disparition de la mer de glace ainsi que la plus grande fréquence et l'intensité de vagues de chaleur.

"C'est comme prendre une police d'assurance sur un avenir incertain", écrivent les chercheurs. "Le changement de climat est une réalité. Il est causé en grande partie par l'activité humaine et pose des risques significatifs -- certains d'entre eux étant déjà à l'oeuvre-- à un large éventail d'activités humaines et d'écosystèmes", insistent encore les scientifiques américains qui parlent de "solides preuves" alors que l'idée d'une responsabilité humaine dans le changement climatique suscite encore des sceptiques aux Etats-Unis. Les trois rapports font partie d'une requête du Congrès.