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Climat: Ban Ki-moon appelle à agir sans attendre l'"accord parfait"

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Publié le - Mis à jour le

Les efforts engagés pour enrayer le réchauffement climatique sont "insuffisants", a déploré mardi à Cancun le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, appelant de ses voeux des avancées concrètes aux Mexique sans attendre "l'accord parfait".

L'objectif affiché de la réunion dans la station balnéaire mexicaine, qui s'achève vendredi, est d'aboutir à un "paquet équilibré" de mesures concrètes sur la lutte contre la déforestation ou la transparence des engagements de réduction des émissions des gaz à effet de serre des principaux pollueurs de la planète.

"Je suis très préoccupé du fait que nos efforts jusqu'ici ont été insuffisants, en dépit (...) de nombreuses années de négociation, nous ne sommes toujours pas à la hauteur du défi", a déclaré Ban devant les représentants, dont nombre de ministres, des 194 pays membres de la convention de l'Onu sur le climat. "Le temps de l'attente où tout le monde se regarde est terminé. (...) Le monde ne peut s'offrir le luxe d'attendre l'accord parfait", a ajouté le secrétaire général de l'ONU. "Cancun doit représenter une percée".

Au fil des discussions, entamées il y a neuf jours, transparaît la volonté d'éviter à tout prix un clash - malgré de réels points de divergence -, qui pourrait porter un coup fatal au processus onusien après l'immense déconvenue du sommet de Copenhague, il y a un an.

Premier émetteur de gaz à effet de serre de la planète, la Chine a semblé faire un pas sur la question controversée de la transparence sur ses engagements en termes d'émissions de CO2, objet de tensions récurrentes avec les Etats-Unis. "La Chine est prête à partager avec le monde et nous souhaitons adopter une attitude transparente et ouverte", a déclaré la principal négociateur chinois Xie Zhenhua. Les divergences "s'amenuisent", a-t-il ajouté.

"Il y des progrès" sur ce dossier, a estimé le négociateur américain Todd Stern, tout en jugeant que le texte débattu n'était pas encore "adéquat". Mais le château de cartes mis en place patiemment sous l'impulsion de la présidence mexicaine pourrait s'effondrer vendredi si les quelque 190 pays de la convention de l'Onu sur le climat ne parviennent pas à régler l'épineuse question de l'avenir du protocole de Kyoto, seul outil juridiquement contraignant existant à ce jour.

Le Japon a déchaîné les passions en déclarant dès l'ouverture de la conférence qu'il n'approuverait jamais une seconde période d'engagement du traité, considérée comme une étape "non-négociable" par les pays en développement. Le Brésil et le Royaume-Uni ont été chargés d'étudier les moyens de trouver une solution... qui pourrait consister à repousser le règlement du problème à plus tard.

Au-delà des avancées techniques qui pourraient être avalisées vendredi soir, le constat reste sombre. La somme des engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre sur la table à ce jour reste clairement insuffisante pour atteindre l'objectif retenu à Copenhague: limiter la hausse de la température moyenne de la planète à deux degrés.

"Il y a un immense fossé. Il faut le reconnaître et nous engager à le combler", a commenté Alden Meyer, de l'ONG américaine Union of Concerned Scientists. A l'ouverture de la session ministérielle, Marcus Stephen, président de Nauru, micro-Etat du Pacifique de 24 km2, a regretté que la "gravité" de la menace qui pèse sur les petites îles, menacées d'être rayées de la carte par la montée du niveaux des océans, soit trop souvent oublié.

Ironisant sur les délégués climat qui "parlent en acronymes", il a déploré que le sens de l'urgence se perde trop souvent dans "un brouillard de jargon scientifique, économique et technique".

Plusieurs milliers de paysans, représentants des peuples autochtones et militants, ont manifesté mardi à Cancun à l'appel de l'organisation l'organisation altermondialiste Via Campesina. Au son des tambours, crécelles et flûtes de Pan, ils ont exigé "un accord qui respecte la terre et les peuples du monde".

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