"Y'a-t-il un payeur dans l'avion?": pour réduire les rejets de gaz à effet de serre du moyen de transport le plus polluant, il faut une "tarification" de cette pollution, assure un réseau d'ONG qui lance jeudi une campagne à l'occasion du salon aéronautique du Bourget. "Il est impossible de lutter contre le changement climatique sans s'attaquer à la pollution des avions", avance le Réseau action climat (RAC), qui rassemble de grandes ONG comme Greenpeace, les Amis de la terre ou Oxfam.

Selon le RAC, l'aviation internationale est responsable d'environ 5% des émissions de gaz à effet de serre (GES) globales. "Et si rien n'est fait, les émissions pourraient tripler, voire quadrupler d'ici 2050 à cause de l'augmentation du trafic aérien", assure Celia Gautier, du RAC, lors d'une conférence de presse. "Les améliorations techniques ne suffisent pas, il faut un mécanisme pour mettre un prix sur la pollution des avions", a-t-elle poursuivi.

Au niveau international, il faut "adopter un instrument fixant un prix sur la pollution des avions" lors de la réunion de l'assemblée générale de l'Organisation de l'aviation civile (OACI) en septembre à Montréal, préconise le RAC. "C'est une réunion extrêmement importante", a souligné lors de la conférence de presse l'ex-ministre Brice Lalonde, aujourd'hui conseiller spécial de l'ONU sur le développement durable.
"Il faut faire pression sur les Etats pour qu'ils endossent ce que les compagnies souhaitent faire", a-t-il dit, faisant allusion aux engagements récemment pris par l'Association internationale du transport aérien (IATA) qui vise 50% de réduction des émissions du secteur en 2050.

Au niveau européen, il faut "préserver l'inclusion de tous les vols décollant et atterrissant sur le sol européen au mécanisme de quotas carbone", estime le RAC.
Une taxe européenne, entrée en vigueur le 1er janvier 2012, obligeait les compagnies aériennes opérant dans l'UE, quelle que soit leur nationalité, à acheter l'équivalent de 15% de leurs émissions de CO2, soit 32 millions de tonnes, pour lutter contre le réchauffement climatique.
Mais face à la colère de pratiquement tous les pays membres de l'OACI, notamment la Chine qui avait menacé de mesures de rétorsion contre l'avionneur Airbus, cette taxe a été gelée à partir du 30 avril, et ce pour un an.

Sur le plan intérieur, le RAC appelle à supprimer au plus vite l'exonération de taxe sur le kérosène, "injustifiable et anachronique" pour la Fondation Nicolas Hulot, et qui représente un manque à gagner pour l'Etat de 3,5 milliards d'euros.

Une pétition du RAC pour exiger "une prix sur la pollution des avions" est en ligne sur le site www.lesdessousdelaviation.org.