La Belgique a annoncé vendredi, à l'occasion du sommet de Varsovie sur le climat, une contribution financière de 3,25 millions d'euros au fonds d'adaptation au changement climatique créé par les Nations unies. Cette somme sera conjointement fournie par l'Etat fédéral et les trois Régions, ont-ils annoncé dans un communiqué commun.

Instauré en 2001, ce fonds doit financer des actions et programmes concrets pour les pays en voie de développement, les plus fragiles face au réchauffement de la planète en cours.

Ce fonds d'adaptation des Nations Unies puise son financement dans les revenus des mécanismes de développement propre (CDM). Suite à l'effondrement du prix du carbone, le fonds ne dispose plus d'assez de moyens. Un appel a donc été lancé dans le cadre du sommet de Varsovie en vue d'atteindre 100 millions de dollars de contribution avant la clôture de la conférence.

Pour les pays en voie de développement, la problématique du financement climatique internationale constitue une priorité absolue. Cette demande de contribution au fonds d'adaptation à été relayée au niveau européen.

L'urgence liée à cette demande amène les trois Régions (Bruxelles, Flandre, Wallonie) et le fédéral à faire une contribution conjointe à hauteur de 3.250.000 euros. "De cette façon, la Belgique souligne de façon claire son engagement dans la lutte contre les changements climatiques dans le sud", estiment-ils dans leur communiqué commun.

Conférence "climat": dernière ligne droite 

Négociateurs et ministres du monde entier entamaient vendredi à Varsovie la dernière ligne droite de leurs pourparlers censés poser les fondations de l'accord sur le climat attendu en 2015, au lendemain du départ fracassant d'ONG déçues du manque d'ambition de cette conférence. L'ambition de Varsovie est de lancer le processus qui doit mener jusqu'à Paris en 2015, date à laquelle la communauté internationale a décidé de conclure l'accord le plus ambitieux jamais scellé pour limiter le réchauffement.

Cet accord sur les réductions des émissions de gaz à effet de serre (GES) doit être universel, légalement contraignant et suffisamment ambitieux pour limiter la hausse de la température du globe à 2°C par rapport à l'ère pre-industrielle, quand la trajectoire est actuellement de près de 4°C. L'Union européenne, qui veut partir de Varsovie avec une sorte de "calendrier" jusqu'en 2015, jugeait jeudi que les pourparlers faisaient du surplace.

Un nouveau texte de négociation a été proposé vendredi matin aux délégations des plus de 190 pays présents, et très prudent, il se contente "d'inviter" les parties à soumettre "leurs engagements (...) bien en avance" avant Paris. La France veut de son côté qu'à Varsovie, les Etats s'engagent à "chiffrer" ces engagements (réductions de GES, date pour un pic des émissions...) en 2015.

Autres points durs des négociations: l'aide financière des pays du Nord à ceux du Sud pour faire face au changement climatique, et la création d'un mécanisme pour régler les "pertes et dommages" subis par ces derniers. Des progrès étaient notés sur le lancement opérationnel du Fonds vert, par lequel devrait transiter une partie des 100 milliards de dollars par an promis d'ici 2020.

La mobilisation de ces fonds, qui ne s'est toujours pas concrétisée, est l'un des grands points de crispation avec les pays en développement qui soupçonnent les pays du Nord de vouloir se dérober à leurs engagements.