La présence de Marie-Christine Marghem (MR) au conseil des ministres de ce vendredi matin relève du petit miracle. Sans la réactivité et l’efficacité de l’ambassade de Belgique au Maroc, la ministre de l’Energie, présente à Marrakech dans le cadre de la COP22, ne serait jamais arrivée à 9 h ce vendredi matin au 16 rue de la Loi pour convaincre son gouvernement de faire passer trois points jugés « importants ». 

En cause : le roi du Maroc en personne, qui a fait fermer inopinément l’aéroport de Marrakech à toute circulation car il partait pour l’Ethiopie. Du coup, le vol Ouarzazate-Marrakech dans lequel se trouvait Marie-Christine Marghem ainsi que la ministre allemande de l’Environnement Barbara Hendricks, la ministre bruxelloise de l’Environnement Céline Fremault et une délégation d’environ cent personnes de retour de la visite de la plus grande centrale solaire du monde, sont restés cloués sur le tarmac de l’aéroport de Ouarzazate le temps que son excellence prenne son avion à Marrakech. 

« C’est comme ça au Maroc », nous confiait un Marrakchi. « Quand le Roi va quelque part, tout est bouclé : rues, aéroport, centre commercial... La vie s’arrête, tout simplement. Si vous devez vous marier ou que votre épouse va accoucher, que vous devez aller chercher vos enfants à l’école ou que vous avez un entretien d’embauche, c’est raté. Si le roi du Maroc vient dans votre rue pour une raison quelconque, vous ne pourrez pas sortir de chez vous. Et l’on ne sait jamais quand cela peut arriver, pour des raisons de sécurité évidente. » 

L’avion a finalement décollé avec plus de deux heures de retard sur l'horaire prévu. Impossible, dès lors, pour la ministre de l’Energie d’attraper son avion pour Bruxelles, au départ de Casablanca. C’est là qu’intervient Frank Carruet, l’ambassadeur belge au Maroc et son équipe. A peine atterri à l’aéroport de Marrakech, l’avion est reparti pour Casablanca avec, seuls à bord, la ministre et deux de ses collaborateurs qui devaient ensuite filer sur Bruxelles.

 « Prendre un avion avec trois personnes dedans, c’est tout de même très particulier », commentait un membre de l'équipe Marghem hier soir. « Cet avion devait de toutes façons rejoindre Casablanca en soirée, à vide. Nous avons simplement réussi à convaincre les autorités marocaines d’anticiper son retour sur Casablanca pour que la ministre ne rate pas son vol vers Bruxelles », nous expliquait un attaché à l’ambassade hier. 

Entre-temps, toutes les pistes avaient été envisagées pour trouver une solution. Sauf qu’aucun autre vol ne permettait à la ministre d’être à l’heure au gouvernement : retour en voiture jusqu’à Marrakech, prise en charge des bagages lors d’un autre vol, etc. La machine diplomatique belge a finalement parfaitement fonctionné. Et Marie-Christine Marghem a pu défendre ses dossiers ce matin au conseil des ministres.