Emmanuel Giboulot, vigneron en biodynamie à Beaune en Côte d'Or, exploite ses 10 hectares de vignes depuis 1985. Jusqu'ici tout va bien. Sauf que le viticulteur français de 51 ans est convoqué pour comparaître ce lundi 24 février devant le tribunal correctionnel comme l'a révélé le site Bastamag. Sa faute: avoir refusé d'utiliser un insecticide pour lutter contre une maladie de la vigne, la flavescence dorée, sur ses vignobles en bonne santé. Il encourt jusqu'à 30.000 euros d'amende et six mois d'emprisonnement. Sur le web, la mobilisation est importante puisqu'une pétition recueille plus de 406 000 signatures. LaLibre.be s'est entretenu avec lui quelques jours avant son audience.

Depuis le mois de juin 2013, un arrêté préfectoral oblige l'ensemble des vignobles de la Côte-d'Or à appliquer un insecticide dans le but d'éradiquer la cicadelle, insecte vecteur de la flavescence dorée, une maladie mortelle pour la vigne. Pourquoi avoir refusé d'appliquer cet insecticide ?

En 2011, un foyer de flavescence dorée a été identifié en Saône-et-Loire. La Préfecture a donc imposé trois applications d’insecticides autour des communes concernées. En 2013, le préfet a étendu ces traitements obligatoires sur tout le département de la Saône-et-Loire et donc en Côte-d'Or département limitrophe. Or dans le département, aucun producteur n'a été touché. Le but de ce traitement est de d'empêcher la propagation de la maladie. Mes terres ne sont pas malades, je n'ai pas trouvé cohérent d'appliquer ce traitement.

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Vous comprenez l'importance d'éradiquer cette maladie ?

Si ma terre était touchée, je l'aurais appliqué. Le problème c'est que ces insecticides ne sont pas sélectifs. C'est-à-dire qu'ils détruisent la faune auxiliaire. On utilise des insecticides naturels comme le Pyrevert, un insecticide biologique à base de plante qui est photodégradable (NDLR : il se dégrade par l'effet de rayons lumineux). On a des trucs pour éliminer la cicadelle mais c'est vrai que ce n'est pas aussi efficace qu'un insecticide...

Lundi, vous passez devant la justice. Vous pensez être condamné ?

Je ne crois qu'il ne faille faire de pronostic. Ma campagne sur internet n'avait pas pour but d'influer mon procès ou de faire pression. Les juges sont des gens responsables. Mon but, c'était d'alerter l'opinion sur ce sujet, de montrer que l'Etat devait prendre en compte la réalité du terrain lors de sa prise de décision. De ne pas prendre une décision sur toute une zone mais dans des endroits plus ciblés. On espère que dans le futur, on tiendra compte de cette approche.

Pour soutenir Emmanuel Giboulot :

La pétition 

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