La Commission veut planter 3 milliards d’arbres d’ici 2030 : "Il faut accroître la qualité, la quantité, et la résilience de nos forêts"

Trois milliards d’arbres en plus, mais encore ?

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© AFP

"Nous respectons toutes les fonctions de la forêt", a déclaré ce mercredi le commissaire européen à l’Agriculture Janusz Wojciechowski, lors de la présentation du paquet "Fit for 55".

Mieux vaut en effet respecter les forêts européennes : celles-ci recouvrent 180 millions d’hectares et plus de 40 % du territoire. Nul doute qu’elles joueront un rôle majeur dans la stratégie européenne de réduction des émissions ces dix prochaines années. D’où le fait que le règlement sur l’utilisation des terres, la foresterie et l’agriculture veut désormais établir pour l’UE, "un objectif global d’absorption de carbone par les puits naturels équivalant à 310 millions de tonnes d’émissions de CO2 d’ici à 2030".

Qualité, quantité et résilience

Plus spectaculaire encore, le paquet comprend également la mise en place d’"un plan pour la plantation de trois milliards d’arbres à travers l’Europe d’ici à 2030". De quoi rendre palpables les ambitions européennes, alors que certaines zones forestières, y compris en Belgique, ont été fragilisées ces dernières années par des épisodes de sécheresse. Cela tombe bien, "la stratégie de l’Union vise" - justement - "à accroître la qualité, la quantité et la résilience de [ses] forêts", le commissaire Wojciechowski appelant d’ailleurs à "restaurer ce qui peut l’être".

Dans le détail, alors que les énergies renouvelables doivent désormais atteindre 40 % du mix énergétique d’ici 2030, il s’agissait aussi d’établir un ensemble de critères de durabilité fondés sur les risques pour la biomasse forestière, laquelle constitue 60 % des énergies vertes en Europe. Les opérateurs doivent ainsi démontrer que "la biomasse forestière utilisée est soumise à des réglementations nationales ou infranationales garantissant l’exploitation forestière légale, la régénération des forêts, la protection des zones sensibles, la minimisation des impacts de la récolte sur la qualité des sols, la biodiversité et le maintien ou le renforcement de la productivité forestière à long terme".

Des garde-fous nettement insuffisants aux yeux des ONG environnementales.

Enfin, un cap climatique est fixé pour le secteur forestier et agricole : "D’ici à 2035, l’Union devra s’efforcer de parvenir à la neutralité climatique dans les secteurs de l’utilisation des terres, de la foresterie et de l’agriculture, y compris en ce qui concerne les émissions autres que celles de CO2 du secteur agricole." Un fameux défi.

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