Comment améliorer la gestion des cours d'eau? Une solution pourrait être de rehausser les barrages

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© BELGA

Mercredi soir, les barrages d’Eupen et de La Gileppe tenaient vaille que vaille, retenant des dizaines de millions de m3 d’eau. Parvenant à diminuer le débit en aval, ils ont ensuite été saturés vu les quantités de précipitations tombées en peu de temps, "l eau qui arrivait en amont des barrages continuait alors en aval", résume Sébastien Erpicum, ingénieur à l’Université de Liège.

C’est pourtant précisément le rôle de ces "barrages-réservoir". "Outre leur nécessité dans la production d’énergie et dans certains cas pour le tourisme, ils permettent - en stockant l’eau - de diminuer le débit des rivières et ainsi d’éviter les inondations en aval", précise M. Erpicum. Dans le même temps, ils permettent de stocker les réserves pour l’alimentation en eau potable et ainsi d’anticiper les besoins de la population en temps de sécheresse. "Le mode de gestion varie en fonction de la situation", explique M. Erpicum. Le tout étant de trouver le bon équilibre dans la gestion des stocks afin de diminuer l’impact des événements extrêmes.

Ces réservoirs peuvent contenir plusieurs dizaines de millions de m3. "Cela peut paraître énorme, mais avec les débits exceptionnels que l’on a mesurés, ils se remplissent vite", soulève Sébastien Erpicum. Une solution mérite d’être, selon lui, étudiée "à la lumière d’événements extrêmes que l’on prédit plus intenses et plus fréquents" : celle de rehausser les barrages existants. "Cela éviterait d’en construire de nouveaux et de ce fait d’inonder des terrains, d’exproprier des habitants et de nuire à la circulation des poissons. Le coût des travaux est moins élevé et enfin, en augmentant la capacité de stock, on envisagerait les sécheresses et les crues de manière plus sereine."

Quand les barrages de navigation s’effacent

Par ailleurs, les barrages "de navigation", comme on en retrouve sur la Meuse et la Sambre, permettent pour leur part de maintenir un niveau d’eau suffisamment élevé pour la navigation. "Lors de crues, ils s’ouvrent et s’effacent, de sorte que la rivière revient dans son lit naturel", explique M. Erpicum. Ils n’ont donc pas de rôle spécifique dans la gestion des flux lors d’intempéries. Cela étant dit, "le barrage de navigation de Monsein étant en cours de rénovation, il n’a pas pu être ouvert totalement", poursuit-il. Avec pour impact d’avoir fait monter le niveau d’eau de la Meuse, non sans conséquences dans la province de Liège.

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