Les parcs éoliens au large entrainent un stockage accru du carbone dans les fonds marins

Les organismes marins qui colonisent les éoliennes au large provoquent une concentration plus importante de matière organique dans les parcs éoliens et leurs environs proches, entrainant une augmentation du stockage du carbone dans les fonds marins.

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© Flémal
Belga

C'est ce qui ressort des résultats d'une recherche belgo-néerlandaise publiée dans deux articles dans Frontier in marine sciense. Ces résultats pourront servir à influencer la prise de décision concernant l'installation de nouveaux parcs éoliens ainsi que leur démantèlement dans un futur plus lointain. Alors que, dans une optique de développement des énergies renouvelables, les parcs éoliens en mer se multiplient à travers le monde, le projet FaCE-It, coordonné, entre-autres, par l'Institut royal des sciences naturelles de Belgique, s'est penché sur l'effet de l'implantation de ces parcs sur le fonctionnement de l'écosystème marin.

Grâce à cette étude, les chercheurs ont constaté que les espèces qui colonisent les éoliennes, telles que les moules, anémones et autres petits crustacés, filtrent la nourriture qui passe et entrainent ainsi un dépôt organique plus important dans les fonds marins sous forme d'excrément et d'organismes morts.

Ce dépôt lui-même entraine un stockage accru du carbone dans le fond marin des parcs éoliens et permet donc de réduire les émissions de CO2. "Ce carbone est parfois appelé 'carbone bleu', c'est-à-dire du carbone piégé dans des formes organiques (comme des animaux ou des plantes), qui est ensuite enfoui", explique Emil de Borger, de l'Institut royal néerlandais de recherche sur la mer (NIOZ), l'un des participants à l'étude. "Sachant que ces chiffres correspondent à 0,014-0,025% des émissions annuelles de gaz à effet de serre en Belgique, on peut considérer qu'il s'agit d'une compensation carbone modeste mais néanmoins significative."

Ces découvertes pourraient avoir un impact sur la construction de nouveaux parcs éoliens notamment celui qui doit venir s'implanter à proximité de l'Aire marine protégée (AMP) du Vlaamse Banken, au large des côtes belges. Dans cette zone se trouvent des bancs de graviers précieux et menacés qui ne bénéficierait pas forcément de l'augmentation de matière organique induite par la construction de turbines. Ainsi le modèle développé grâce à FacE-It a permis de calculer la distance idéale à respecter pour une cohabitation idéale.

Enfin, le carbone retenu dans les parcs éoliens ne l'est pas forcément définitivement. En effet, si le fond marin est perturbé, le carbone peut-être à nouveau libéré. Cela peut notamment se produire en cas de chalutage de fond. En Belgique, cette pratique est interdite à proximité des parcs éoliens durant la durée de leur exploitation (entre 20 et 25 ans) mais sera de nouveau autorisé après le démantèlement. C'est pourquoi les résultats de FaCE-It pourraient également avoir un impact sur les scénarios de démontages des turbines. Il pourrait notamment être envisagé que la partie sous-marine de la structure reste en place afin de préserver l'écosystème.