Vagues de chaleur, crues, incendies: les quatre coins de la planète frappés par des épisodes climatiques extrêmes

Incendies en Italie et en Turquie, vagues de chaleur en Grèce et au Groenland, crues en Afghanistan... La planète entière est secouée par des dérèglements climatiques.

La Rédaction avec AFP

Après les inondations qui ont sévèrement touché la Belgique et une partie de l'Europe occidentale à la mi-juillet, le monde entier continue d'être touché par des épisodes climatiques extrêmes.

EUROPE

La Finlande subit son plus grand feu de forêt depuis 50 ans

Du jamais vu depuis 50 ans: un vaste feu de forêt a ravagé plus de 300 hectares en cinq jours dans une vallée du nord-ouest de la Finlande, après un début d'été exceptionnellement chaud dans le pays nordique. L'incendie, qui a débuté lundi à environ 25 kilomètres au sud du petit port de Kalajoki au bord du golfe de Botnie, a faibli vendredi en raison notamment de pluies dans le secteur, mais n'est pas encore entièrement sous contrôle, selon les autorités.

"Cela brûle encore, mais le feu ne progresse plus au-delà d'un secteur contenu de 300 hectares, dont le périmètre fait huit kilomètres", a expliqué à l'AFP le chef des opérations des pompiers, Jarmo Haapanen.

"Il faudra au moins une semaine, voire deux ou trois, pour parvenir à l'éteindre totalement", juge-t-il.

Quelque 250 personnes, dont des renforts militaires, ont été mobilisées, ainsi que quatre hélicoptères, mais aucune évacuation n'a été nécessaire dans ce secteur très peu peuplé, à environ 500 km au nord d'Helsinki.

S'il reste relativement petit par rapport aux immenses incendies qui ont ravagé la Sibérie ou le Canada cet été, l'incendie est le plus important en Finlande depuis un feu en 1971, selon les experts.

"Celui de 1971 faisait 1.600 hectares", a expliqué M. Haapanen.

La cause exacte du feu est inconnue, a-t-il précisé. Mais les forêts sont sèches après des mois de juin et de juillet inhabituellement chauds en Finlande, où la température a dépassé les 30 degrés dans plusieurs régions.

Feux de forêts en Italie

Depuis plusieurs jours, des incendies de forêt sévissent également dans le sud de l'Italie, notamment en Sicile, au sud de Palerme, mais également dans l'ouest de la Sardaigne.

Les pompiers ont dû intervenir à de nombreuses reprises pour faire face à des feux de brousse et de forêt.

Ces incendies sont exacerbés par l'importante sécheresse et les températures bien supérieures à 30 degrés que connaît actuellement le sud de l'Italie.

Troisième jour d'incendies en Turquie

La Turquie est également touchée par des incendies depuis mercredi soir.

Les services de secours continuaient ce samedi à lutter contre les feux de forêt, pour la troisième journée consécutive. Deux gardes forestiers sont décédés. Le nombre de morts s'élève pour l'instant à six, selon l'agence de presse Anadolu. Dix incendies étaient encore actifs, dont trois dans la province d'Antalya, a indiqué le ministre de l'Agriculture et des forêts sur Twitter samedi.

De nombreux hôtels ont été évacués et les touristes emmenés en lieu sûr, notamment par bateau.

Les autorités turques enquêtent sur les causes de ces incendies.

Les températures élevées attendues dans les prochains jours - plus de 40 degrés - représentent un défi supplémentaire pour les pompiers.

Groenland: une vague de chaleur provoque un épisode de fonte "massive" des glaces

Une vague de chaleur au Groenland, avec des températures plus de 10 degrés supérieures aux normales saisonnières, a provoqué cette semaine un épisode de fonte "massive" de la calotte glaciaire groenlandaise, ont averti des glaciologues. Depuis mercredi, la calotte glaciaire qui recouvre le vaste territoire arctique a fondu d'environ 8 milliards de tonnes chaque jour, soit le double du rythme moyen lors de la période estivale, selon les données du Polar Portal, un outil de modélisation géré par des instituts de recherche danois.

Des températures inhabituelles de plus de 20 degrés, avec des records locaux, ont été enregistrées dans le nord du Groenland ces derniers jours, selon l'institut météorologique danois DMI.

Sur le petit aéroport de Nerlerit Inaat, dans le nord-est du Groenland, le mercure a atteint 23,4 degrés jeudi, le plus haut niveau mesuré depuis le début des relevés de la station météo et plus chaud que la température maximale enregistrée au Danemark ce jour-là.

Cette vague de chaleur, qui a également touché une grande partie de l'immense territoire arctique, s'est traduite par un rythme accéléré de fonte de la calotte glaciaire.

A titre de comparaison, l'immense volume d'eau fondue relâché quotidiennement ces derniers jours - 8.000 milliards de litres d'eau douce - "suffirait pour couvrir de cinq centimètres d'eau l'ensemble de la surface de la Floride", souligne Polar Portal.

Le record de fonte quotidien au Groenland, qui date de l'été 2019, n'a pas été battu, mais la partie du territoire groenlandais où la glace a fondu est plus grande qu'il y a deux ans, a précisé le site de surveillance arctique.

Deuxième calotte glaciaire après l'Antarctique, avec une surface de près de 1,8 million de kilomètres carrés, la couche de glace qui recouvre le Groenland suscite l'inquiétude des scientifiques, alors que le réchauffement dans l'Arctique est trois fois plus rapide qu'ailleurs dans le monde.

Vague de chaleur historique et incendies en Grèce

La Grèce fait face à une "longue et historique" vague de chaleur, indiquent des experts samedi. Le mercure pourrait grimper jusqu'à 46 degrés. Un avertissement pour chaleur intense a été émis en Grèce cette semaine. La canicule devrait se poursuivre jusqu'à début août, avec des températures nocturnes qui ne descendront pas sous 25 degrés, voire 30 degrés dans les grandes villes.

Ces conditions météorologiques extrêmes pourraient mener à de nouveaux incendies. Un violent feu de forêt a déjà fait rage cette semaine au pied du Pentélique. Et ce samedi, quatre villages du nord-ouest du Péloponnèse, près de la ville de Patras, ont été évacués ont annoncé les pompiers grecs qui devaient affronter un important feu de forêt. 95 pompiers, 33 camions, quatre bombardiers et des hélicoptères ont été mobilisés pour lutter contre ce feu dans la région de Zeria.

Les autorités ont envoyé des messages d'alerte sur les téléphones portables pour prévenir les habitants de la nécessité d'évacuer les villages de Zeria, Kamares, Achaias, et Labiri.

Les hôpitaux de Patras et d'une ville voisine, Aigio, ont également été alertés pour éventuellement accueillir des blessés, tandis que les garde-côtes ont été mis en alerte pour pouvoir éventuellement secourir des baigneurs qui pourraient être étouffés par la fumée des cendres.

L'autoroute sur la zone concernée ainsi que le pont de Rio-Antirio reliant le Péloponnèse et la Grèce continentale ont été fermés à la circulation, selon l'agence de presse grecque ANA.

Asséchées par la chaleur, les forêts grecques sont victimes chaque été d'incendies, alimentés par des vents forts.

AMERIQUE

L'Ouest américain toujours en proie à des incendies

Alimentée par une sécheresse alarmante, la saison des feux ne fait que commencer dans l'ouest américain et des milliers de pompiers combattent déjà près de 80 immenses incendies. Ils avaient déjà consumé la semaine dernière plus de 4.700 km² de végétation.

Le plus impressionnant est le "Bootleg Fire", dans l'Oregon, qui a brûlé en deux semaines l'équivalent de la ville de Los Angeles en végétation et forêts. "L'incendie est si grand et il crée tellement d'énergie qu'il a commencé à générer son propre climat", selon Marcus Kauffman, du service de gestion des forêts de l'Etat. "Il créé sa propre foudre" et "s'auto-alimente".

Dans l'Etat voisin de Californie, plusieurs villages ont dû être évacués face à la progression des flammes du "Dixie Fire", un incendie qui pourrait avoir été provoqué par la chute d'un arbre sur des lignes électriques d'un gros fournisseur d'électricité Pacific Gas and Electric (PG&E).

MOYEN-ORIENT

Crue-éclair en Afghanistan

Au moins 113 personnes ont péri dans une crue-éclair survenue dans la nuit de mercredi à jeudi dans la province du Nouristan, dans le nord-est de l'Afghanistan, où 110 personnes restent portées disparues, selon un nouveau bilan communiqué samedi à l'AFP. Le bilan de cette crue-éclair, déclenchée par des pluies torrentielles, dans le district de Kamdesh, à environ 200 km au nord-est de Kaboul, "atteint désormais 113 morts", a déclaré dimanche à l'AFP Tamim Azimi, porte-parole du ministère afghan de la gestion des catastrophes.

En outre, "110 personnes restent portées disparues, 173 maisons ont été totalement détruites, ainsi que dix commerces et six ponts", a-t-il ajouté.

Le district de Kamdesh, frontalier du Pakistan, est une zone montagneuse et difficile d'accès.

Les catastrophes de ce genre ne sont pas rares dans le pays et font de nombreuses victimes chaque année, en particulier dans les régions rurales pauvres, où les maisons sont souvent fragiles et bâties dans des zones à risque.

En août 2020, une crue a fait une centaine de morts dans la ville de Charikar, capitale de la province de Parwan, à une soixantaine de km au nord de Kaboul.

Les opérations de sauvetage et d'acheminement d'aide après des catastrophes naturelles, notamment dans les zones isolées, sont souvent entravées par le manque d'équipements et d'infrastructures dans ce pays appauvri par 40 ans de guerre.

Cette catastrophe intervient alors que le gouvernement peine à contenir une offensive tous azimuts des talibans qui se sont emparés de vastes zones rurales du pays ces trois derniers mois.

AFRIQUE

Inondations au Niger: 35 morts et plus de 26.000 sinistrés depuis juin

Les fortes pluies qui s'abattent depuis juin sur le Niger ont fait 35 morts et plus de 26.500 sinistrés, ont indiqué samedi les autorités de ce pays sahélien au climat habituellement très sec. Selon le bilan de la Protection civile, transmis samedi à l'AFP, 20 personnes sont mortes dans l'effondrement de leurs maisons, 15 par noyade et 24 ont été blessées. Quelque 26.532 personnes sinistrées ont été par ailleurs recensées.

Les régions les plus touchées sont celles de Maradi, dans le sud-est (10 morts), d'Agadez dans le nord désertique (10 décès) et la capitale Niamey (8 morts) selon ces données officielles.

Les dégâts matériels sont également importants avec plus de 2.500 maisons et cases détruites, une cinquantaine de classes d'école, de mosquées, de boutiques et de greniers à céréales endommagés. 708 têtes de bétail ont aussi péri.

En dépit de sa courte durée, de trois mois maximum, et de la faiblesse des précipitations, la saison des pluies est régulièrement meurtrière depuis plusieurs années, y compris dans les zones désertiques du Nord. Un paradoxe dans ce pays où les mauvaises récoltes sont habituellement dues à la sécheresse.

En 2020, les inondations avaient fait 73 morts et créé une crise humanitaire avec 2,2 millions de personnes nécessitant une assistance, selon l'ONU. En 2019, 57 personnes étaient mortes.

ASIE

Importantes inondations en Chine

La Chine a fait état jeudi d'un nouveau bilan de 99 morts lors des inondations de la semaine dernière dans le centre du pays.

Des pluies torrentielles avaient frappé la capitale provinciale, Zhengzhou, le 20 juillet. En trois jours était tombé l'équivalent de près d'une année de précipitations -- du jamais vu en six décennies de relevés météorologiques.

Une rame de métro avait été engloutie, ce qui avait fait au moins 14 morts parmi quelque 500 passagers pris au piège à l'heure de pointe.