La forêt amazonienne a perdu 10.000 km2 en un an

Poumon vert de la planète, la forêt amazonienne a perdu entre août 2020 et juillet 2021 plus de 10.000 km2 en superficie , soit l'équivalent d'un tiers de la Belgique, a annoncé dimanche l'organisation de défense de l'environnement WWF à l'occasion de la Journée de l'Amazonie.

La forêt amazonienne a perdu 10.000 km2 en un an
©BELGA
DPA

Le WWF appuie ses calculs sur des données recueillies par le centre de recherche brésilien Imazon, spécialisé sur la région amazonienne.

La forêt sud-américaine a enregistré au cours de l'année écoulée un de ses plus forts taux de déforestation, notamment en raison d'incendies. Le Brésil (et la forêt) souffre en plus actuellement de sécheresses historiques.

"Si nous perdons l'Amazone, nous perdrons aussi l'un des plus grands réservoirs de carbone au monde", souligne Dirk Embert, expert de l'Amérique du sud auprès du WWF Allemagne.

Les détracteurs du président brésilien Jair Bolsonaro, au pouvoir depuis janvier 2019, l'accusent d'avoir créé une atmosphère encourageant les paysans à s'accaparer la forêt pour la transformer en zones de culture ou d'élevage.

La forêt amazonienne s'étend sur neuf pays sud-américains au total. La distance entre ses deux extrêmes est égale à celle qui sépare Berlin et Bagdad.

Présents actuellement au congrès de l'IUCN sur la biodiversité qui se tient à Marseille, les groupes indigènes sud-américains demandent que 80% de la région soit placés sous statut de protection d'ici 2025.

Des études menées par les Nations unies ont démontré récemment que les populations indigènes sont les meilleurs garants de la protection de la forêt, menacée par la déforestation et le changement climatique.

Les peuples indigènes demandent à l'UICN une protection de l'Amazonie

Les peuples autochtones ont par ailleurs officiellement demandé au congrès mondial de la nature de se prononcer sur leur principale revendication, la protection de 80% de l'Amazonie d'ici 2025, ont indiqué dimanche leurs représentants.

Une motion en ce sens a été déposée en procédure d'urgence au congrès de l'Union internationale de conservation de la nature, qui se tient à Marseille, a indiqué à l'AFP un de leurs représentants sur place, Jose Gregorio Diaz Mirabal.

La motion réclame un "plan d'action global" pour mettre fin à la déforestation et à l'extraction minière, dans cette forêt vitale pour l'équilibre biologique de la Terre par son action de stockage du CO2 notamment.

"Chaque année, l'Amazonie perd plus de 10.000 km2. C'est ça l'urgence, pas seulement pour nous mais pour le monde entier", a déclaré Jose Gregorio Diaz Mirabal, de la Coordination des organisations indigènes du bassin amazonien.

Pour la première fois, les organisations des peuples indigènes ont obtenu le droit de vote cette année au congrès mondial de l'UICN.

L'UICN rassemble des Etats, des agences gouvernementales, des ONG internationales et nationales, des agences de développement économique, des entreprises. Elle est forte de plus de 1.400 membres, appuyés par de nombreux experts.

Ses avis et motions votées par ses membres tous les quatre ans font donc référence dans le monde de la protection de la nature, même s'ils n'ont pas valeur contraignante.

L'organisation doit décider si cette motion soumise par une procédure d'urgence spéciale, répond aux critères de "nouveauté" et "d'urgence" pour être soumise au vote, a indiqué Enrique Lahmann, un des administrateurs de l'UICN. Une décision devrait être annoncée tard dimanche ou lundi.

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