Plus de 200 revues médicales réclament des mesures d'urgence pour le climat: "Les gouvernements doivent apporter des changements fondamentaux"

Les principales revues médicales de la planète publient un appel commun.

C'est une démarche inédite : dans un éditorial commun publié ce lundi, plus de 200 revues dédiées aux enjeux médicaux et de santé publique (The Lancet, PLOS, le New England Journal of Medicine, le Chinese Science Bulletin, Le National Medical Journal of India…) enjoignent solennellement les chef(fe)s d'État à prendre des mesures d'urgence pour limiter le changement climatique, restaurer la biodiversité et protéger la santé. "Les gouvernements doivent apporter des changements fondamentaux à l'organisation de nos sociétés et de nos économies, ainsi qu'à notre mode de vie. La stratégie actuelle consistant à encourager les marchés à remplacer les technologies polluantes par des technologies plus propres ne suffit pas", avancent-elles.

"L'augmentation de la température mondiale et la destruction de la nature nuisent déjà à la santé publique, un état de fait sur lequel les professionnels de la santé attirent l'attention depuis des décennies, souligne le texte. La science est sans équivoque : une augmentation mondiale de 1,5°C par rapport à la moyenne préindustrielle et l'érosion continue de la biodiversité risquent de causer des dommages catastrophiques à la santé qui seront impossibles à inverser." Et de taper sur le clou : "Les risques pour la santé d'une augmentation de la température supérieure à 1,5°C sont désormais bien établis. Aucune hausse de température n'est "sans danger". Au cours des 20 dernières années, la mortalité liée à la chaleur chez les personnes âgées de plus de 65 ans a augmenté de plus de 50 %."

Coopération internationale et justice climatique

Depuis 1981, le rendement des principales cultures est également en recul, poursuit le texte. Un phénomène inquiétant qui, conjugué aux effets d'événements météo extrêmes et à l'appauvrissement des sols, entrave les efforts visant à réduire la faim dans le monde. "Des écosystèmes prospères sont essentiels à la santé humaine. Et la destruction généralisée de la nature, notamment des habitats et des espèces, compromet la sécurité pour l'eau et l'alimentation, et augmente le risque de pandémies."

Évoquant les dépenses historiques engagées par de nombreux pays pour lutter contre la pandémie de Covid-19 et relancer leurs économies, les signataires plaident pour que des investissements financiers massifs soient débloqués pour le climat, bien supérieurs à ce qui est prévu actuellement. Ils rappellent également la responsabilité des pays riches dans la dégradation de l’environnement. Ceux-ci doivent l’assumer en apportant un juste soutien aux pays pauvres qui en subissent aujourd’hui les plus graves conséquences.

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