Deux ans après leur discours avec Greta Thunberg, ces jeunes sont désabusés

Quelques jours avant la COP26 sur le climat et deux ans après leur discours à l'Assemblée nationale, deux jeunes Français, membres de "Youth for Climate" restent sur leur faim. Interrogés par le Huffington Post, ils reviennent sur leur désillusion.

J.F.

C'était en 2019 : Ivy Boileau et Virgile Mouquet, accompagnés par l'activiste Greta Thunberg, sont invités à l'Assemblée nationale française pour alerter les députés sur le réchauffement climatique.

"Valérie Masson-Delmotte, co-présidente d'un groupe de travail du GIEC (ndlr : groupe d'experts sur le climat) était avec nous. On a déjà été surpris d'apprendre que c'était la première fois qu'elle était auditionnée devant l'Assemblée nationale. Il fallait la venue de Greta Thunberg pour permettre que le dialogue se fasse", regrette l'étudiant en géographie.

"A l'époque, je me disais que les députés ne devaient pas être au courant de ce qu'il se passait", avoue la jeune femme, à présent diplômée en théâtre. "Je pensais que s'ils le savaient, ils feraient quelque chose. Je ne sais pas ce que j'espérais. Maintenant que j'y pense, c'est évident qu'ils le savent. Aujourd'hui, ils font le choix de ne pas agir. Ce jour-là, j'ai compris que je n'allais plus espérer grand chose du gouvernement", poursuit-elle. Si elle était à nouveau invitée devant l'Assemblée nationale, elle avoue ne pas savoir si elle s'y rendrait.

Même si les deux jeunes sont restés des militants écologistes, lui, côté politique, elle côté citoyen, ils avouent "ne pas attendre grand chose" de la COP26. "J'aimerais quand même des feuilles de route plus précises", espère Virgile Mouquet. Pour Ivy Boileau, "on est toujours en train de dire le même message". "Arrêtez d'organiser des grands événements pour parler, aujourd'hui faites le travail", plaide-t-elle.

Même Greta Thunberg, la figure de proue des grèves pour le climat, n'attend pas de grands changements pendant la COP26. "Mais il faut montrer qu'on est toujours là."

Lors de la conférence à Glasgow, en Écosse, les États du monde entier auront douze jours - du 31 octobre au 12 novembre - pour négocier et s'engager plus concrètement sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre.