Les jeunes déçus par la COP26 témoignent : "On ne sait pas à quoi ressemblera notre vie future"

Les jeunes déçus par la COP26 témoignent : "On ne sait pas à quoi ressemblera notre vie future"
©belga
Contribution externe

Une contribution d'Alice Arts, membre de l'Etincelle, un kot-à-projet néo-louvaniste centré sur le journalisme dont La Libre Etudiant est partenaire.

Il y a quelques jours, la COP 26 s'est clôturée à Glasgow par la signature d'un pacte impliquant de nouvelles mesures à respecter par les gouvernements concernés. Les jeunes investis dans la lutte environnementale se considèrent-ils satisfaits des mesures qui ont été prises ? Existe-t-il un décalage entre les décisions des politiques et les attentes de la jeune génération ? A quel point cette dernière se sent-elle, à l'heure actuelle, inquiète pour son avenir ?

Une prise de conscience des deux parties

Depuis plusieurs années déjà, l’implication de la jeune génération dans la lutte climatique ne fait que croître. Que ce soit lors des manifestations organisées dans diverses capitales européennes ou au travers de vidéos et messages partagés en masse sur les réseaux sociaux, les jeunes tentent, à leur échelle, d’alerter sur la situation actuelle. Des icônes de cette lutte telles que la Suédoise Greta Thunberg ou la Belge Adélaïde Charlier, reçoivent une attention de plus en plus forte de la part des médias.

En parallèle, nos politiques ont eux aussi saisi l’ampleur de la situation. Ces dernières années, de nombreuses mesures sont mises en place pour tenter de freiner le réchauffement climatique et de limiter le désastre écologique à venir. Cette année encore, les dirigeants de 200 Etats se sont retrouvés à Glasgow pour une nouvelle COP, la 26ème conférence de ce type. Des dispositions ont été adoptées, notamment la réduction de l’utilisation du charbon, la révision à la baisse des émissions de CO2, la réduction des failles concernant le marché carbone et la prévision de dialogues sur le financement des pays en voie de développement.

Des mesures insuffisantes pour les jeunes à l’issue de cette COP

Maël, qui s’est rendu à Glasgow afin de participer aux marches pour le climat organisées dans la ville écossaise ainsi qu’à une conférence, nous explique son ressenti : « Ce qui m’a surpris positivement, c’est l’ambiance qui régnait sur place. J’ai parlé avec des gens qui venaient de partout dans le monde, on était tous rassemblés pour la même cause ». En revanche, l’étudiant se sent désabusé par l’attitude de certains représentants : « Le fait est que des dirigeants et des directeurs d’entreprise sont venus en jet privé, ça n’a aucune crédibilité ». Concernant les décisions qui ont été prises, Maël est déçu mais pas surpris : « J’avais entendu dire que ça allait être beaucoup de bla-bla et ce qui s’est passé a confirmé mes craintes. C’était une des pires COP en termes de manque de motivation dans la prise de décisions, les lobbies ont vraiment réussi leur coup ».

Louise V., qui a suivi de près les évènements, nous livre elle aussi ses impressions : « Ce qui est très étonnant, c’est qu’au vu des catastrophes naturelles de plus en plus nombreuses et graves, on pense notamment aux inondations dans différents endroits du monde, on s’attendait à des décisions très radicales. D’autant qu’en août dernier est sorti le fameux rapport du GIEC, qui établissait pour la première fois avec certitude le lien entre la conduite humaine et le réchauffement climatique ». Son avis est rejoint par celui de Louise R., elle aussi très déçue par l’issue de cette COP : « Le décalage entre les attentes que j’avais et les décisions qui ont été prises est énorme. Ce qu’on attendait, c’est que les politiques prennent en compte l’avis du GIEC pour proposer et mettre en œuvre des solutions drastiques dans les plus brefs délais. »

La jeune génération, entendue mais pas écoutée

Pour Maël, le manque de considération envers les attentes des jeunes est clair : « Les politiques font tout de leur côté sans écouter l’avis de la population. Leur point de vue est orienté par le profit et non par le côté humain de cette cause, ce qui est vraiment triste ». Louise V. partage cet avis : « Certes, les actions et demandes des jeunes obligent les politiques à discuter de la situation mais l’avis de ces jeunes n’est pas pris en compte dans les décisions finales ». Louise R. rejoint leur point de vue : « À partir du moment où on ne met rien en place pour que mon futur soit viable, je ne considère pas que mon opinion est prise en compte ».

Un futur incertain

Louise V. s'inquiète de plus en plus pour l'avenir de sa génération : « Je pense qu'on peut réellement parler d'éco-anxiété. On se rapproche de plus en plus de la date limite de 2030, date à laquelle il faudrait avoir réduit de 55% les émissions carbones, ce qui est vraiment énorme. 2030, c'est demain et je ne vois pas comment on pourrait atteindre cette diminution drastique avec les mesures actuelles. Beaucoup de jeunes commencent à angoisser car on ne sait pas à quoi ressemblera notre vie future. On dit que d'ici 2100, toute la côte belge pourrait être sous l'eau et c'est inconcevable de se dire qu'on sera peut-être encore vivant quand cela arrivera.»

Malgré tout, Maël reste optimiste pour l’avenir : « Je pense que de plus en plus de prises de conscience émergent. Si on continue à semer un maximum de graines, tout est possible. Et quoi qu’il arrive, on n’aura rien à nous reprocher car on aura essayé de changer les choses ».

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