"Alarmant, mais pas surprenant", "accablant" : les réactions suite à la publication du rapport du Giec

Il n’y a plus d’excuses pour ne pas agir.

Qualifiant "d'accablant" le nouveau rapport du Giec, le secrétaire général de l'Onu, Antonio Guterres, a dénoncé lundi les mensonges de "certains gouvernements et responsables d'entreprises" en matière de lutte contre le changement climatique. "La science nous explique que ce sera le résultat de nos politiques énergétiques actuelles", a-t-il poursuivi, accusant " des pays et entreprises gros émetteurs (de gaz à effet de serre) de ne pas seulement détourner les yeux, mais de mettre de l'huile sur le feu". "Ils étouffent notre planète, au nom de leurs intérêts acquis et de leurs investissements historiques dans les énergies fossiles, alors que des solutions renouvelables moins chères offrent des emplois verts, la sécurité énergétique et une plus grande stabilité des prix."

"Les principaux pays émetteurs - en particulier le G20 - doivent répondre à la crise qui s'aggrave avec l'urgence qu'elle requiert. Et pas seulement par des objectifs sur papier et des promesses creuses", a déclaré Walton Webson, qui préside l'alliance des petits États insulaires.

La ministre fédérale en charge du Climat, Zakia Khattabi, a qualifié de "nouvelle sonnette d'alarme" le dernier rapport du Giec. Il faut aller "plus vite et plus loin", souligne-t-elle, à commencer par réduire de 55 % les émissions de gaz à effet de serre de l'UE d'ici à 2030.

Pour le Climate Action Network, les scientifiques du monde entier ont mis en évidence les possibilités de réduire de moitié les émissions en huit ans, mais la fenêtre d'opportunité pour limiter la hausse de la température à 1,5 °C se rétrécit. Pour y parvenir, " des réductions rapides et massives des émissions de gaz à effet de serre, l'élimination progressive de tous les combustibles fossiles, des changements transformateurs pour accroître l'efficacité énergétique, les énergies renouvelables et l'électrification, ainsi que la conservation et la restauration des forêts et des terres offrent la seule véritable chance d'éviter un changement climatique incontrôlé", insiste l'ONG en rappelant l'importance des principes d'équité envers les personnes les plus pauvres et en soulignant que les solutions technologiques hypothétiques ne peuvent se substituer à l'élimination rapide et contrôlée de tous les combustibles fossiles.

De son côté, Oxfam juge ce nouveau rapport du Giec "alarmant, mais pas surprenant". "La vérité sur le réchauffement climatique est triste et brutale", rappelle l'ONG. "Le réchauffement de la planète est la première urgence de l'humanité. Le non-respect de l'objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5° C entraînera de terribles conséquences qu'aucune mesure d'atténuation ne saurait compenser. Il y va de notre survie."