Le perroquet bleu de retour chez lui après 20 ans d'extinction, avec un coup de pouce belge

Éteint, l’ara de Spix est réintroduit, avec un coup de pouce belge.

Le perroquet bleu de retour chez lui après 20 ans d'extinction, avec un coup de pouce belge
©Shutterstock

Braconné jusqu’à l’extinction pour sa beauté - un superbe plumage bleu-vert - et le mystère qui l’entoure - même après sa première description au XIXe siècle, il a été rarement observé -, l’ara de Spix pourrait connaître une nouvelle vie. Le 11 juin, huit de ces perroquets, éteints à l’état sauvage depuis vingt ans, ont été réintroduits dans la nature. Ce projet est exceptionnel.

L'habitat naturel de l'ara de Spix est la caatinga, forêt tropicale sèche du nord-est du Brésil qui couvre 10 % du pays. C'est une ONG, l'Association pour la conservation des perroquets menacés (ACTP), qui est à l'origine de cette réintroduction. Elle a rassemblé les derniers spécimens vivants encore en captivité à Berlin, où elle a établi un programme de reproduction.

Avec Pairi Daiza

Et ce, avec l’aide, entre autres, de la fondation Pairi Daiza : en 2018, le parc animalier de Brugelette s’est vu confier de jeunes aras de Spix dans le cadre de ce projet. En mars 2020, trois aras "belges" ont été envoyés à Curaçá au Brésil avec 49 autres provenant de Berlin. Depuis, une partie réside dans un bâtiment d’élevage, où on espère voir naître des bébés. D’autres séjournent dans d’immenses volières de réhabilitation. Ils y vivent en compagnie d’aras d’Illiger, capturés à l’état sauvage, qui doivent leur apprendre les gestes de survie élémentaires.

C'est avec une quinzaine d'Illiger que les huit Spix ont été "relâchés" le 11 juin, en mode soft release. La porte d'une volière a simplement été ouverte et le restera longtemps. Six aras sont sortis en 30 minutes mais deux ont préféré rester. Pour que les aras puissent survivre, les autorités brésiliennes œuvrent depuis plusieurs années à la restauration de cet habitat autrefois dégradé. Douze autres aras devraient être relâchés d'ici la fin de l'année et d'autres encore dans les années à venir. De son côté, Pairi Daiza, qui a construit un centre spécial, a reçu fin 2020 quatorze aras de Spix supplémentaires en vue d'une reproduction. L'objectif est que ceux qui naîtront à Pairi Daiza puissent être, eux aussi, relâchés un jour au Brésil.