Le double jeu des compagnies gazières et pétrolières

Des chercheurs les accusent d’organiser une désinformation climatique.

AFP
Le double jeu des compagnies gazières et pétrolières
©Olivier Polet

La communication des multinationales du pétrole et du gaz, qui disent vouloir réduire leurs émissions de gaz à effet de serre pour limiter le changement climatique, est souvent trompeuse et leurs discours publicitaires sont diffusés sur les réseaux sociaux, perpétuant en ligne ce "greenwashing", estiment des chercheurs qui ont analysé l’écart entre les paroles et les actes de quatre géants de l’industrie pétrolière : BP, Shell, ExxonMobil et Chevron.

Les stratégies "vertes" de ces derniers sont "dominées par des promesses plutôt que par des actions concrètes", conclut l'étude, dont l'autrice principale est Mei Li de l'université Tohoku au Japon. "Tant que les actions et les comportements d'investissement ne seront pas alignés sur le discours, les accusations de greenwashing semblent fondées."

De nombreuses entreprises ont promis d’atteindre le "zéro émission nette" de gaz à effet de serre (GES), ambition indispensable au maintien du réchauffement de la planète à 1,5°C, comme le recommande la communauté scientifique. Mais en parallèle, ces mêmes compagnies mènent des stratégies d’influence et de communication visant à exploiter toujours plus d’énergies fossiles, pourtant responsables du réchauffement de la planète.

Interrogée par l'AFP, la spécialiste américaine du greenwashing Genevieve Guenther estime qu'il est nécessaire de confronter les promesses de ces groupes à deux indicateurs clés : l'objectif zéro émission nette de carbone d'ici à 2050 et la feuille de route mondiale pour la décarbonation du secteur de l'énergie de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Pour atteindre la neutralité carbone d'ici à 2050, ce document indique qu'il faut "stopper les investissements dans les énergies fossiles" dès maintenant.