Côte d'Azur: la justice fait saisir des bateaux proposant de nager avec des dauphins

Le parquet de Grasse (Alpes-Maritimes) a fait saisir début juillet les bateaux de trois entreprises qui proposaient de nager en Méditerranée avec des dauphins, une pratique interdite depuis 2020, a-t-on appris mercredi auprès de ces entreprises et du parquet.

Côte d'Azur: la justice fait saisir des bateaux proposant de nager avec des dauphins
©AP

Pour environ 300 euros par personne pour la journée, ces entreprises basées à Mandelieu-la-Napoule et Antibes, sur la Côte d'Azur, proposaient de se jeter à l'eau, en pleine mer, avec masque et tuba, au milieu d'un banc de dauphins, préalablement repéré à l'aide d'un ULM.

Or, depuis un arrêté ministériel du 3 septembre 2020, entré en vigueur le 1er janvier 2021, "on n'a plus le droit de s'approcher à moins de 100 mètres d'un dauphin, encore moins de se jeter à l'eau avec un dauphin", a indiqué le parquet.

Après une première réunion d'information avec les trois opérateurs en décembre 2020, "nous avons constaté en février 2021 que l'activité était toujours proposée sur leur site internet", a ajouté le parquet.

Après un rappel par la gendarmerie maritime en avril 2021, les trois sociétés "ont continué tout l'été 2021, parce que c'est très lucratif".

Début juillet, alors que la gendarmerie maritime constatait que cette nage avec dauphins se poursuivait et après un signalement de l'association France nature environnement (FNE), le parquet a placé les trois gérants des trois sociétés en garde à vue et mené des perquisitions. Un juge des libertés et de la détention "a pris une ordonnance de saisie des quatre bateaux appartenant aux trois entreprises", a encore précisé le parquet.

Les trois gérants seront de nouveau entendus "pour être jugés d'ici à la fin de l'année", notamment pour "pratique commerciale trompeuse" et "perturbation volontaire d'espèce animale non domestiquée protégée", a ajouté le parquet. Les gérants risquent jusqu'à deux ans d'emprisonnement et 300.000 euros d'amende.

"Nous n'avons jamais été condamnés, nous travaillons avec des scientifiques et pourtant nous sommes traités comme de lourds délinquants", a réagi Magalie Grimont, épouse du gérant du Bateau d'Annett, l'une des trois sociétés visées.

"Alors que nous proposons d'autres activités, comme la pêche ou l'observation des cétacés, nous sommes privés de notre outil de travail et menacés de liquidation judiciaire", a-t-elle ajouté, estimant qu'une dizaine d'emplois sont en jeu.