L’ouragan Ian plus dangereux à cause du climat: “Le changement climatique n’a pas causé l’ouragan, mais il l’a rendu plus humide"

En Floride, l’ouragan a fait au moins 21 morts. La côte de la Géorgie à la Caroline du Nord était placée en alerte.

AFP

Les pluies liées à l'ouragan Ian, qui a dévasté la Floride, ont été accrues d'au moins 10 % en raison du changement climatique, selon une étude préliminaire de scientifiques américains rendue publique vendredi. "Le changement climatique n'a pas causé l'ouragan, mais il l'a rendu plus humide", a expliqué Michael Wehner, du Laboratoire National Lawrence Berkeley, dépendant du département fédéral américain de l'énergie, un des scientifiques ayant participé à cette étude.

Les chercheurs se sont basés sur la comparaison de la situation actuelle, marquée par un réchauffement mondial de près de 1,2°C par rapport à l’ère préindustrielle, avec des modélisations dans un monde sans ce réchauffement.

"Nous pouvons dire avec confiance que les précipitations sont plus fortes. De 10 % au moins et même, selon mes estimations, de 14 %", a indiqué Michael Wehner.

Rues transformées en canaux et maisons fracassées

Selon une loi physique (dite formule de Clausius-Clapeyron), pour toute augmentation de température de 1°C, l’humidité contenue dans l’atmosphère augmente de 7 %. Les résultats des modélisations des chercheurs américains font donc apparaître une augmentation encore plus forte des précipitations liées à Ian, suggérant une meilleure "efficience" de l’ouragan pour transformer cette humidité accrue en pluie.

Le réchauffement climatique, qui fait notamment monter la température de la surface des océans, augmente donc corrélativement l’humidité de l’atmosphère et renforce donc l’intensité des tempêtes.

Avec ses vents violents, ses pluies torrentielles et les inondations qui ont suivi, Ian, qui était alors un ouragan de catégorie 4, sur une échelle qui en compte 5, a provoqué la mort d’au moins 21 personnes en Floride, selon les autorités qui ont souligné que le bilan pourrait s’alourdir. La Floride continuait vendredi à découvrir l’ampleur des dévastations, avec des images de rues transformées en canaux d’eau trouble, de bateaux projetés à terre comme de simples jouets et des maisons fracassées. Vendredi, près de 2 millions de foyers ou commerces restaient privés d’électricité.

Rétrogradé en catégorie 1, Ian charriait vendredi des rafales soufflant jusqu'à 140 km/h et menace de "submersions marines potentiellement mortelles" les côtes des Caroline du Sud et du Nord, selon le dernier bulletin du Centre national des ouragans (NHC), qui a placé toute la côte de la Géorgie à la Caroline du Nord en alerte ouragan. Selon le cabinet CoreLogic, les pertes liées au vent sur les propriétés résidentielles et commerciales devraient atteindre pour les assureurs entre 22 et 32 milliards de dollars tandis que les pertes liées aux inondations pourraient coûter 6 à 15 milliards de dollars.