L’Himalaya plus dangereux que jamais

Après la mort de l’alpiniste Hilaree Nelson, les guides pointent le changement climatique.

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L’Himalaya plus dangereux que jamais
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La mort de l’alpiniste américaine Hilaree Nelson, dont le corps a été retrouvé la semaine dernière sur les pentes du Manaslu (Népal), démontre la dangerosité croissante de l’ascension de l’Himalaya. Hilaree Nelson, 49 ans, a été emportée sur le huitième plus haut sommet du monde, alors qu’elle le descendait à ski avec son compagnon. Les guides pointent entre autres le changement climatique.

Entre 1950 et 2021, 1042 décès, dont 405 depuis 2000, ont été recensés, sur les sommets himalayens les plus connus, concentrés au Népal. Un tiers des décès sont causés par des avalanches, et un tiers par des chutes. Les autres décès sont imputables notamment au mal des montagnes et à l’épuisement.

L’Himalaya plus dangereux que jamais
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Une étude de 2019 a montré que les glaciers himalayens fondaient deux fois plus vite qu’au siècle dernier. Une autre étude a révélé en 2022 que la couche supérieure de glace près du sommet de l’Everest avait environ 2 000 ans, suggérant que le glacier s’amincissait plus de 80 fois plus vite que le temps nécessaire à sa formation.

"La couche neigeuse est bien moins importante"

Aucune étude approfondie n’a encore été effectuée sur le changement climatique et les risques croissants pour les alpinistes partant à l’assaut de l’Himalaya. Mais les grimpeurs ont remarqué que les crevasses s’élargissaient, que de l’eau dévalait sur des pentes auparavant enneigées, et des formations plus nombreuses de lacs glaciaires.

"Porter des crampons à neige sur une glace qui s'amincit et sur des rochers peut être particulièrement dangereux", a souligné l'alpiniste népalais Sanu Sherpa, 47 ans. "La couche neigeuse est beaucoup moins importante. Je crains que les montagnes ne soient que des rochers dans les prochaines générations". Il devient de plus en plus difficile de prévoir l'évolution des glaciers et les risques d'avalanche augmentent. "La météo est devenue plus imprévisible. Certaines années sont plus chaudes, d'autres plus froides", a déclaré à l'AFP un blogueur alpiniste, Alan Arnette.

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Pour les experts, les accidents mortels touchent surtout une nouvelle vague de touristes, mal préparés pour les ascensions, et qui affluent par centaines au Népal, au Pakistan et au Tibet chaque année. La croissance rapide de l’industrie de l’alpinisme a créé une concurrence féroce entre les entreprises, au prix parfois de la sécurité. Le Népal a délivré cette année 404 permis pour le Manaslu, deux fois plus qu’habituellement. Le Pakistan en a émis environ 200 pour le K2, le double du nombre habituel.