Déforestation: la Norvège va redémarrer ses aides au Brésil après la victoire de Lula

La Norvège, qui avait gelé son aide financière contre la déforestation de l'Amazonie au Brésil sous la présidence de Jair Bolsonaro, va redémarrer sa collaboration avec Brasilia après la victoire de Lula, a déclaré lundi le ministre norvégien de l'Environnement à l'AFP.

epa00908899 A view of the gold mining camp, named 'Garimpo da Fofoca', where some of the thousands of gold diggers working on the banks of the River Juma, 453 km south of Manaos, capital of the Brazilian Amazonia, Wednesday 17 January 2007. The ever-growing number of people who come to the Amazonia to look for gold which can be sold at 19 US dollars a gramme, is provoking deforestation in the Amazonian rain forest and changing the watercourse of rivers. EPA/RAIMUNDO VALENTIM

"Nous avions une collaboration bonne et très étroite avec le gouvernement avant Bolsonaro et la déforestation au Brésil a fortement diminué sous la présidence de Lula da Silva", a expliqué Espen Barth Eide. "Puis on est entré en confrontation frontale avec Bolsonaro qui avait une approche diamétralement opposée face à la déforestation".

Principal bailleur de fonds pour la protection de la forêt amazonienne, le pays scandinave avait, comme l'Allemagne --un autre soutien financier majeur--, suspendu son aide son aide au Brésil en 2019, année où M. Bolsonaro a pris les rênes du pays.

Sous la présidence de l'extrémiste de droite, la déforestation de la forêt amazonienne s'est accélérée de 70%, un chiffre "scandaleux" a dit M. Barth Eide.

Selon lui, quelque 5 milliards de couronnes (487 millions d'euros) d'aides norvégiennes attendent aujourd'hui, inutilisées, sur le Fonds de préservation de la forêt amazonienne.

"Concernant Lula, on note que, pendant la campagne, il a mis l'accent sur la préservation de la forêt amazonienne et la protection des populations indigènes d'Amazonie", a fait valoir le ministre norvégien dans un entretien téléphonique avec l'AFP.

"C'est pour cela que l'on a hâte de prendre contact avec ses équipes, aussi rapidement que possible, pour préparer une reprise de la collaboration historiquement bonne entre le Brésil et la Norvège", a-t-il ajouté.

Déjà président entre 2003 et 2011, Luiz Inacio Lula da Silva a assuré après sa victoire à la présidentielle dimanche que le Brésil était "prêt à jouer à nouveau les premiers rôles dans la lutte contre le changement climatique".

"Le Brésil et la planète ont besoin d'une Amazonie en vie", a-t-il martelé.