Manifestation à Bruxelles pour un "vrai" droit à la réparation : "L’UE doit passer à la vitesse supérieure"

Une manifestation a eu lieu ce jeudi matin à Bruxelles. Les personnes présentes militent pour un vrai droit à la réparation et estiment que les règles envisagées par l’Union européenne sont insuffisantes.

Action "Right to Repair" à Bruxelles ce 17 novembre 2022
Action "Right to Repair" à Bruxelles, ce jeudi 17 novembre 2022. ©D.R.

Ce jeudi matin, plusieurs militants pour le droit à la réparation s’étaient donné rendez-vous devant le Centre Albert Borschette, à Bruxelles, pour militer pour un "vrai droit à la réparation". Ils souhaitaient interpeller les experts chargés d’approuver les nouvelles règles d’écoconception pour les smartphones et les tablettes.

Selon eux, les règles envisagées ne sont pas suffisantes et truffées de lacunes. "Telles qu’elles existent aujourd’hui, les nouvelles règles n’accorderont pas un véritable droit à la réparation aux citoyens", dénoncent les militants.

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Dans une lettre envoyée la semaine dernière, la coalition "Right to Repair" demande aux experts nationaux et à l’UE d’accorder aux citoyens un véritable droit à la réparation. Selon eux, quatre points sont essentiels :

  • L’information et l’équité sur le prix des pièces détachées.
  • Le logiciel ne doit pas être utilisé pour limiter la réparation
  • L’égalité d’accès aux pièces détachées et aux informations sur la réparation
  • Permettre toutes les conditions cruciales pour la réparation pendant la même durée, sept ans après le retrait d’un produit du marché.

"Les citoyens de l’UE ont clairement indiqué, à maintes reprises, qu’ils étaient favorables à la réparabilité des appareils électroniques. Conserver nos appareils plus longtemps signifie réduire les émissions et utiliser moins de ressources", rappelle Cristina Ganapini, porte-parole du groupe de pilotage de la campagne Right to Repair à Bruxelles. "Comment l’UE peut-elle continuer à promettre un droit à la réparation sans inclure le prix des pièces de rechange comme critère dans son indice de réparation proposé pour apporter de la clarté au point d’achat ? La réparation ne deviendra pas une réalité tant que nous ne débloquerons pas les conditions de son caractère abordable."

"Le projet de loi tel qu’il est rend les téléphones et les tablettes réparables… mais seulement en théorie", déclare quant à lui Mathieu Rama, responsable de programme, Environmental Coalition on Standards (ECOS). "Les pièces de rechange et les mises à jour de sécurité ne seront disponibles que pendant une période de cinq ans. Les règles ne sont pas claires non plus, ce qui est inquiétant, sur la manière dont les logiciels pourraient être utilisés par les fabricants pour éviter les réparations par des tiers".

Et de conclure : "Aujourd’hui, les téléphones ne durent qu’environ deux ans. Pour mettre fin à ce désastre environnemental, l’UE doit passer à la vitesse supérieure".

Annoncée en mars 2020 et attendue pour fin novembre 2022, la législation sur le droit à la réparation a été reportée en raison d'une évaluation négative du Regulatory Scrutiny Board, un organe indépendant qui conseille la Commission européenne. "Il n'est pas possible qu'une législation majeure du Green Deal soit sans cesse reportée !", dénonçait sur Twitter la parlementaire Anna Cavazzini.