L'Allemagne a battu dimanche un record de température pour un mois de juin, la chaleur décimant un semi-marathon à Hambourg, mais le pic de la canicule qui fait suffoquer l'Europe depuis six jours semble être atteint, avec déjà une baisse du mercure en France.

Les températures sont montées jusqu'à 38,9°C - un nouveau record - à Bad Kreuznach, dans l'Etat allemand de Rhénanie-Palatinat (ouest), selon les services météorologiques nationaux.

A Francfort (ouest), la chaleur, culminant à près de 39°C, a eu raison de l'athlète américaine Sarah True qui s'est effondrée à un kilomètre de la lignée d'arrivée de l'épreuve féminine du championnat d'Europe Ironman 2019, la plus longue des courses de triathlon, alors qu'elle était en tête, selon des médias allemands.

A Hambourg (ouest), c'est lors d'un semi-marathon qui s'est tenu sous 33°C que "de nombreux concurrents se sont effondrés", a rapporté le service des pompiers de la ville. Vingt-quatre d'entre eux ont dû être pris en charge par des établissements médicalisés.

Il faudra attendre lundi pour voir les températures redescendre en Allemagne. Selon les services spécialisés allemands, la moyenne des températures de juin dans le pays est déjà de quatre degrés supérieure à celles de la période internationale de référence 1981-2010.

En France en revanche, où le record absolu a été battu vendredi, avec 45,9°C dans le sud, les températures ont déjà chuté d'une dizaine de degrés à Paris ou dans le nord-ouest, mais l'est du pays a continué dimanche à transpirer, avec des température montant parfois à 36 ou 37°.

Retour également à des températures plus supportables en Italie, avec des maximales à 37 ou 38°, des orages annoncés dans le nord pour dimanche soir, et un vrai rafraîchissement à partir de mercredi.

Pour l'instant, au moins huit décès dus à cette vague de chaleur qui remonte du Sahara ont été signalés: quatre en France (plus une personne en situation d'urgence absolue), deux en Espagne et deux en Italie. Il s'agit souvent de personnes âgées ou d'ouvriers travaillant sur des chantiers.

La canicule, d'une intensité exceptionnelle pour un mois de juin, a provoqué de nombreux incendies de végétation en France et en Espagne, obligeant parfois à évacuer les maisons, et d'importants dégâts déjà visibles sur les vignobles du sud de la France.

Près de Montpellier (sud), les professionnels évoquent "un coup de chalumeau", ou de "sèche-cheveux", comme l'exprime une vigneronne, Catherine Bernard. "Les vignes ont grillé, les arbres de Judée sont complètement séchés... ça arrive parfois au début de l'automne, au sortir de l'été", raconte-t-elle, bouleversée. Jamais un 29 juin.

"Ça fait 30 ans que je suis vigneron. Je n'avais jamais vu une vigne brûlée par un coup de chaud comme hier", affirme également Jérôme Despey, viticulteur et vice-président du principal syndicat agricole français.

Incendies en Espagne

En Espagne, plus de 700 soldats, des centaines de pompiers, des avions bombardiers d'eau, des hélicoptères et des véhicules anti-incendie combattaient plusieurs incendies dans le centre et le nord-est du pays, où les températures atteignaient encore 42°C.

Un feu qui s'est déclaré vendredi soir dans la ville d'Almorox (50 km à l'est de Madrid) a dévasté plus de 2.000 hectares, se propageant dans la région de Madrid et provoquant l'évacuation d'un village proche, ainsi que des 200 occupants d'un camping.

A 60 km au sud-est, un autre foyer faisait rage près de la ville de Tolède, forçant 22 résidents à évacuer la zone.

Dans le nord-est du pays, en Catalogne, un immense feu qui s'était déclaré mercredi et a depuis détruit des milliers d'hectares était dimanche "en train d'être stabilisé", mais pourrait encore demander plusieurs jours avant d'être éteint complètement, selon le gouvernement régional.

Mais le pic de la canicule semble être passé dans la péninsule ibérique, qui s'attend également à voir les températures baisser progressivement à partir de dimanche, même s'il faisait encore 38°C à Madrid ou à Albacete (est).