Une rencontre qui a laissé un sentiment mitigé à la jeune activiste flamande. "Dans l'ensemble, j'en garde un sentiment positif, même si j'aurais espéré que la chancelière soit plus habitée par la conscience de l'urgence, ce à quoi je m'attendais avec son expérience de physicienne. Elle n'a pas émis de promesses révolutionnaires", regrette Anuna De Wever.

"J'ai remarqué qu'elle était assez fière de ce que l'Europe accomplit, mais nous l'avons ensuite confrontée à ce qu'il fallait faire pour rester en dessous de deux degrés de réchauffement climatique. Nous sommes encore à des kilomètres de nos objectifs à cet égard. Il est clair que nous regardons la politique actuelle sous un angle différent", estime la jeune activiste.

Les jeunes militants pour le climat ont reçu des compliments de la part d'Angela Merkel à propos de leur mouvement. La chancelière leur a aussi demandé de poursuivre leurs initiatives. Et Anuna De Wever et ses collègues ont par ailleurs fait des suggestions.

"Nous lui avons également fait savoir qu'elle devait communiquer sur la gravité de la crise climatique. Les politiciens continuent de se targuer d'une politique ambitieuse et de se dire qu'ils sont consternés, mais ce n'est pas ainsi qu'ils créent un soutien", juge encore Anuna De Wever.

Il devient maintenant clair que les jeunes pour le climat sont plus que de simples "brosseurs" qui descendent dans la rue pour attirer l'attention sur le réchauffement climatique. Lors des réunions, des dossiers spécifiques sont souvent examinés et "au bout de dix minutes il est clair que nous savons de quoi nous parlons. Nous parvenons à faire valoir notre point de vue et à assumer nos responsabilités. Les chefs d'Etat européens l'ont compris", affirme Anuna De Wever. Elle-même effectue actuellement encore un stage au sein du groupe des Verts européens et en septembre, elle commencera ses études en sciences sociales à la Vrije Universiteit Brussel. En attendant, elle prend également le pouls de la situation dans la forêt amazonienne, qu'elle a visitée l'année dernière.

"Pour le moment, c'est beaucoup de préparation, travailler dans les coulisses et se tenir au courant de ce qui est décidé. La pression que nous avons créée en sortant dans la rue est toujours là. Le 25 septembre, nous organisons une 'grève mondiale' mais elle se tiendra probablement en ligne", annonce-t-elle.