Le bourgmestre de la commune de Zwijndrecht, André Van de Vyver - un des seuls bourgmestres Groen en Flandre -, avait fait analyser des échantillons d’eau et du sol, inquiet quant à la concentration d'un polluant dans le sol. Les résultats montrent que les valeurs d'un acide, le SPOF, sont de 7 à 27 fois supérieures aux valeurs normales. Les polluants viendraient des effluents d’eau de l’usine de Post-It 3M. Et la pollution des sols ne se limiterait pas au terrain de l’usine, mais atteindrait un rayon de 15 kilomètres aux alentours.

Le polluant éternel

L’acide perfluorooctane-sulfonique, ou PFOS, est un produit chimique inscrit dans la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants. Il dérive notamment des PFAS utilisés pour l’imperméabilisation de tissus, mobilier ou tapis de par ses capacités à repousser l’eau, la saleté et la graisse. On le retrouve aussi dans des films alimentaires ou dans des produits cosmétiques comme le rouge à lèvre. Par l’air ou par les effluents d’usines, ce polluant chimique peut se libérer dans l’environnement et atteindre des citoyens par la consommation d’eau potable ou d’aliments.

C’est également un perturbateur endocrinien, agissant sur l’équilibre hormonal. Le polluant est donc susceptible d’avoir des effets indésirables sur la santé. Difficilement décomposable, une fois dans le corps humain, il faut des décennies avant de l’éliminer. Le produit n’est pas fatal, mais en haute concentration, il peut, entre autre, causer des dommages au foie, augmenter le taux de cholestérol et accentuer le risque de cancer.

D'après le quotidien De Tijd, la société aurait été au courant de ce problème de pollution des sols depuis déjà des années. 3M produirait depuis son usine à Zwijndrecht des PFOS depuis 1976. Mais c’est seulement depuis 2010 que les PFOS sont considérés comme un “forever chemical”, un polluant éternel, au niveau international. Pouvant s'accumuler avec le temps et pas encore entièrement interdits, ces polluants doivent aujourd’hui être régulés à de très faibles doses.

Une pollution historique

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Le monde politique flamand a désormais les yeux tournés vers la petite commune en province d’Anvers. La ministre flamande de l'Environnement, Zuhal Demir (N-VA) a lancé une démarche surprenante en suggérant une enquête parlementaire.

Habituellement, c’est l’opposition qui fait appel à une commission d’enquête. En réponse à cette demande, la tension semble monter dans la majorité. On s'intéresse désormais au passé. Et il ne faut pas regarder loin, les deux derniers ministres de l'Environnement étaient du même parti : le CD&V.