Le groupe minier brésilien Vale a omis d'informer les autorités minières d'anomalies sur le barrage de Brumadinho, dont la rupture, qui a fait plus de 270 morts et disparus en janvier, "aurait pu être évitée", selon un rapport de l'Agence nationale des mines (ANM) publié mardi. "Si l'ANM avait été informée correctement, elle aurait pu exiger des mesures d'urgence de la part de l'entreprise, ce qui aurait pu éviter la catastrophe", a affirmé cette agence dans un communiqué.

L'ANM explique que les informations qu'elle a reçues de la part de Vale avant la rupture du barrage "ne concordaient pas avec les éléments présentés dans des documents internes du groupe minier".

Le rapport de 194 pages évoque notamment des problèmes au niveau d'un système de drainage d'eau de la structure du barrage installé en juin 2018, six mois avant le drame, qui a eu lieu le 25 janvier.

L'agence explique avoir reçu le 30 janvier un rapport de Vale datant du 8 janvier selon lequel aucune anomalie n'avait été constatée.

Mais un autre rapport reçu le 15 février et datant du 22 janvier, soit trois jours avant la rupture, faisait état de "toutes les irrégularités" qui auraient causé le drame.

Par ailleurs, l'ANM dit ne pas avoir été informée de niveaux de pression d'eau anormalement élevés constatés par Vale le 10 janvier, deux semaines avant la tragédie.

Vale, premier groupe mondial de minerai de fer, a indiqué mardi qu'il ne commenterait le rapport de l'ANM qu'une fois qu'il l'aurait "analysé intégralement" et a souligné que "toutes les informations sur l'état de conservation du barrage ont été fournies aux autorités chargées de l'enquête".

Le 20 septembre, la police brésilienne a recommandé l'inculpation d'employés de Vale et de la société d'audit allemande TÜV SÜD accusés d'avoir falsifié des documents pour attester de la solidité du barrage.

Mardi, à Brasilia, des photos de victimes avaient été affichées dans la salle où a eu l'ultime séance d'une commission d'enquête parlementaire sur la tragédie de Brumadinho, en présence de membres de leurs familles.

Le 5 novembre 2015, le barrage de Fundao, géré par Samarco, joint-venture de Vale et de l'Anglo-australien BHP, a libéré brutalement dans la nature 40 millions de mètres cube de déchets hautement toxiques, faisant 19 morts et causant des dégâts environnementaux sans précédent au Brésil.