Bertrand Piccard fait étape à Bruxelles ce mercredi, à l’occasion de la signature d’un accord de collaboration entre la Ville et la Fondation Solar Impulse.

Depuis la fin de l’épopée de l’avion solaire, l’aventurier suisse s’est en effet donné un nouvel objectif : labelliser et promouvoir 1000 solutions efficientes et d’ores et déjà disponibles pour protéger l’environnement de façon rentable. Une ambition qui rejoint la volonté de la Ville de Bruxelles de donner un net coup d’accélérateur afin de répondre à l’urgence climatique. Valable pour une période renouvelable de deux ans, ce partenariat n’est lié à aucun contrepartie financière, souligne Benoît Hellings.

« C’est quelque chose de très concret », poursuit le premier échevin en charge du Climat et des Sports, dont les services supervisent également la centrale d’achats, les Cuisines bruxelloises et le parc automobile de la Ville.
« Ces trois instances réalisent chaque année des achats très importants de produits et d’outils qui permettent à la Ville de servir les citoyens et les associations. Nous avons imposé une nouvelle ligne directrice où le critère environnemental doit assurément être suivi lors des marchés publics. Mais ces acheteurs n’ont pas toujours connaissance de tout ce qui existe sur le marché. C’est là que la Fondation intervient. Nous l’avons, par exemple, déjà consultée concernant le remplacement des camions frigorifiques des Cuisines bruxelloises qui livrent quotidiennement entre 12 000 et 15 000 repas. Ce sont tous des véhicules diesel qui devaient être remplacés et nous étions à la recherche de solutions alternatives plus durables. C’est elle qui nous a appris qu’il existait de tels véhicules fonctionnant à l’électricité et au gaz naturel compressé. »

Solar Impulse, précise l’échevin écologiste, fait des suggestions mais n’impose rien. Elle ne conseille pas de marque précise mais indique les technologies qui existent déjà sur le marché et qui sont éprouvées. Les règles des marchés publics continuent à s’appliquer, à savoir le choix de l’offre la plus avantageuse par rapport aux critères qui ont été préalablement déterminés.

« C’est en quelque sorte une super veille technologique sur laquelle nous pouvons nous appuyer pour faire nos choix. La Ville doit assurer une continuité de services et ne peut pas se permettre d’aventure. L’aide de la Fondation nous sera donc utile. »

Trois ou quatre personnes relais, qui serviront d’interlocuteurs entre l’administration et la Fondation seront désignés à cette fin. Et les domaines concernés ne manquent pas.

Echange de bons procédés

L’accord de partenariat prévoit également que la Ville de Bruxelles diffuse au sein du réseau de la Fondation des solutions identifiées et testées par ses propres services. « Nous disposons par exemple de tout un réseau de 'mouchards' qui mesurent les consommations instantanées en eau, en gaz et en électricité de la Ville. C’est grâce à l'un de ces outils développé par l’entreprise belge Shayp que nous avons détecté une consommation anormalement élevée sur le réseau qui alimente le Manneken-Pis. On a donc suggéré à la Fondation d’introduire ce système dans son portefeuille de manière à pouvoir le renseigner à d’autres pouvoirs publics ailleurs dans le monde. Cela pourra aussi être le cas avec des technologies proposées par des entreprises étrangères. Ce qui compte, c’est de faire basculer le marché en dispersant ce savoir et en aidant les bonnes technologies sur le plan environnemental à se répandre rapidement auprès des pouvoirs locaux », illustre Benoît Hellings.

Avec cette approche, poursuit l’élu, la Ville assume également le fait d’opter pour des solutions qui seront parfois un peu plus onéreuses à l'achat qu’une alternative moins durable. « C’est le rôle des pouvoirs publics de montrer la direction à suivre en adoptant le chemin le plus respectueux de l’environnement possible. Nous devons soutenir les technologies émergentes pour les rendre accessibles économiquement au secteur privé et aux particuliers. »

Pour autant, M. Hellings souligne ne pas voir dans la technologie la panacée qui permettra de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre. « La technologie est un instrument disponible, mais il n’est pas suffisant. » Il faut aussi des changements de comportements et de fonctionnement qui relèvent de décisions personnelles, insiste-t-il.