Cela fait maintenant quelques jours qu'une vidéo circule sur les réseaux sociaux. On y voit un béluga rattraper et rapporter une balle de rugby lancée par des hommes sur un bateau. Il n'en fallait évidemment pas plus pour qu'elle soit partagée des dizaines de milliers de fois par des personnes touchées par ce beau moment de complicité. Mais, comme l'indique le Huffington Post, la réalité est en fait beaucoup plus dramatique.


Une fois le moment d'émotion passé, il ne vous aura pas échappé qu'il s'agit d'un comportement assez peu naturel de la part d'un béluga. Comme l'explique Ferris Jabr, journaliste scientifique et contributeur pour le New York Times, "les bélugas sont des animaux très intelligents mais, à l'état sauvage, ils ne sauraient pas quoi faire si vous leur lanciez une balle". En d'autres mots, le cétacé a sans doute déjà dû avoir affaire à des humains.

Un béluga au destin tragique

Selon Ferris Jabr, il s'agirait d'Hvaldimir, une baleine au destin tragique ayant déjà fait la Une des journaux.

En avril dernier, un cétacé harnaché avait en effet été découvert par des pêcheurs norvégiens. A l'époque, les experts avaient d'abord pensé qu'il s'agissait d'un espion envoyé par la Russie avant de réaliser que l'animal s'était sans doute enfui. Un détail troublant avait fait naître les doutes : à l'intérieur du harnais se trouvait la mention "Equipment of St. Petersburg". Interrogé à ce sujet, un général russe avait ironisé en déclarant "si nous avions vraiment utilisé cet animal pour espionner pensez-vous vraiment que nous y aurions joint un numéro de téléphone avec un message 's'il vous plait, appelez ce numéro?'". Il n'empêche que, selon le Courrier international, l'Institut de biologie marine de Mourmansk, en mer de Barents, est un lieu reconnu de test et d'entraînement de différents mammifères marins à des fins militaires.

Si on ne sait toujours pas avec certitude d'où vient Hvaldimir, on sait en revanche que l'animal semble chercher désespéramment le contact des humains. De nombreuses vidéos de lui le montrant en train de récupérer des objets humains perdus au fond des eaux ne cessent de faire leur apparition sur les réseaux sociaux.

Selon la fondation qui porte son nom, "il paraît évident qu'il a été conditionné pour être nourri à la main. Si c'est bel et bien le cas, il continuera à être dépendant des humains et ne pourra pas chasser et se nourrir lui-même". Touchée par la détresse de l'animal, la fondation a récolté les fonds nécessaires pour lui apprendre à se nourrir et à développer sa capacité à chasser. S'il est aujourd'hui plus indépendant, il ne semble pas pouvoir s'empêcher de se rapprocher des humains, quitte à se blesser parfois.