Le Premier ministre Charles Michel a annoncé lundi, lors du Sommet spécial de l'ONU d'action pour le Climat, qu'il proposera au Parlement de doubler la contribution belge à la lutte contre le changement climatique.

M. Michel envisagerait ainsi de porter dès l'an prochain la contribution annuelle de 85 millions à plus de 160 millions d'euros, comme le lui avait réclamé la Coalition Climat en évoquant le Fonds vert pour le Climat, précisait-on dans l'entourage du chef du gouvernement en affaires courantes.

Le financement de la Belgique en faveur du climat passe par différents canaux: des contributions à des fonds multilatéraux tels que le Fonds vert pour le Climat et le Fonds pour les pays les moins avancés, mais aussi via des canaux bilatéraux (BIO, Enabel et coopération non gouvernementale).

Affaires courantes obligent, le Premier ministre proposera ce doublement devant le Parlement. D'autres pays comme la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni et la Norvège se sont aussi engagés à doubler leurs financements.

Le futur président du Conseil européen a par ailleurs inscrit clairement la Belgique dans la perspective européenne de l'atteinte de la neutralité carbone en 2050.

Cela signifie que les pays s'engagent à réduire au maximum leurs émissions et à compenser le reliquat, par exemple en replantant des arbres, qui absorbent le carbone de l'air.

Ce but était considéré si radical en 2015 que le terme avait été exclu du texte de l'accord de Paris, mais il est en train de s'imposer, à la faveur des intempéries (canicules, cyclones, fontes des glaciers) et des mobilisations de rue, des jeunes en particulier.

Devant l'ONU, M. Michel a évoqué "un cri du coeur adressé à nos consciences par les jeunes générations", quelques heures après un plaidoyer très dur de la jeune activiste suédoise Greta Thunberg à l'égard des dirigeants.

Le changement climatique est "le défi de ce siècle", a tranché le libéral.

"Nous allons réussir", a-t-il assuré, disant compter sur l'innovation, l'intelligence et la détermination pour franchir cet "obstacle majeur auquel est confrontée l'humanité."