Le Giec analyse comment nourrir le monde sans ravager la planète.

Comment nourrir une population toujours plus importante - elle devrait frôler les 10 milliards d’individus au milieu du siècle - sans détruire la nature dont nous dépendons ? Cette question cruciale pour la survie de l’humanité est au cœur de discussions qui se sont ouvertes vendredi passé à Genève.

Le rapport spécial du groupe d’experts de l’Onu sur le climat (Giec) consacré au "changement climatique, la désertification, la dégradation des sols, la gestion durable des terres, la sécurité alimentaire et les flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres" doit être rendu public dans le courant de la semaine à l’issue de rencontres à huis clos. Ce sera l’analyse scientifique la plus complète à ce jour sur le sujet.

Ce texte devrait mettre en avant la façon dont l’alimentation industrielle, du producteur au consommateur, l’exploitation généralisée des ressources, voire même certains efforts pour contrer les effets du réchauffement climatique compromettent notre capacité à nous nourrir à l’avenir.

Il devrait aussi dresser le tableau d’une société où deux milliards d’adultes sont en surpoids ou obèses et où environ 30 % de la nourriture produite est jetée, quand la faim affecte des millions de personnes à travers le monde.

Les délégations d’environ 195 États examineront de près le résumé des conclusions à partir de vendredi, avant d’en approuver une version définitive.

L’agriculture, responsable et victime

L’occasion de mettre en lumière l’importance d’un usage optimal des terres, un aspect longtemps négligé, selon les experts. L’agriculture et la déforestation représentent en effet environ un quart des émissions des gaz à effet de serre. De plus, l’agriculture utilise un tiers de toutes les terres émergées et les trois-quarts de l’eau douce sur la planète. "Ce rapport arrive à un moment critique car l’agriculture est à la fois une victime et un moteur du changement climatique", pense Teresa Anderson, de l’ONG ActionAid.

Un autre point abordera les arbitrages à faire entre l’usage des terres pour l’alimentation, le stockage de carbone via les forêts et la production d’énergie à partir de matière biologique.