Fruit d’un partenariat entre plusieurs institutions (l’Institut scientifique de service public, l’Agence wallonne de l’air et du climat, la cellule interrégionale de l’environnement, Sciensano et Wallonie Belgique Tourisme), ce site Internet - baptisé wallonair.be - a pour objectif de fournir à la population des informations claires et fonctionnelles sur la qualité de l’air et de la pollution.

« Nous observons une évolution chez de plus en plus des citoyens qui sont de plus en plus en recherche d’informations fiables et rapidement disponibles », souligne Stéphane Cools, le patron de l’AwAC.

Le site s’ouvre sur une carte du Sud du pays où la qualité de l’air des grandes villes est renseignée via des pastilles de couleur indiquant un résultat allant d’« excellent » à « exécrable ».
Des données calculées en temps réel issues d'un monitoring continu effectué via 24 stations de mesure réparties sur le territoire wallon, et qui tiennent compte des conditions météorologiques et de facteurs spatiaux propres à la zone concernée.  

L’utilisateur peut également savoir quel est le polluant le plus présent (particules fines, dioxyde d’azote, ozone, dioxyde de soufre ...) au moment de la consultation, et connaître les prévisions pour le lendemain, le surlendemain ou à trois jours. Il sera en outre informé des alertes à la pollution, tels un épisode de smog ou un pic d'ozone, ou de certaines campagnes de sensibilisation en cours. Des informations qu'il peut, s'il le souhaite, recevoir par le biais de notifications envoyées sur son smartphone.  

Un volet rassemblant des informations plus fouillées est également disponible, il comporte notamment des mesures en différé réalisées sur base d'échantillons prélevés sur le terrain et analysés en laboratoire. Accessible à tous, celui-ci est plutôt orienté à destination des acteurs scientifiques et des autorités locales, proposant des données détaillées en fonction de la géolocalisation de la personne qui consulte le site. 
Le site rassemble également une série d'explications utiles sur la réglementation en matière de qualité de l'air, les polluants suivis, les allergies au pollen ou encore les projets en cours.

Densifier et affiner le réseau de mesure

En 2018 l'ONG Greenpeace, lançait une action en justice contre la Wallonie, estimant que le réseau de mesure de qualité de l'air dans les zones très urbanisées n'était pas représentatif de l'exposition réelle des habitants. Des observations qui ont été prises en compte, souligne un responsable de l'Issep, précisant que les zones de mesure ont été modifiées pour mieux tenir compte de la population, que des stations supplémentaires ont été installées et que des démarches sont en cours pour encore étoffer ce réseau à Liège et Charleroi notamment.   


"La volonté est d'être au plus près du terrain", insiste de son côté la ministre Tellier, expliquant qu'en 2021, l'Issep installera 350 micro-capteurs sur les maisons communales afin de densifier la récolte d'informations "et d'avoir une vision plus fine de la qualité de l'air".
En 2022, le gouvernement wallon ambitionne par ailleurs de revoir les mesures opérationnelles en vigueur afin de s'aligner sur les directives en matière de qualité de l'air de l'Organisation mondiale de la Santé, plus exigeantes que celles de l'Union européenne. 

Les simulations de zones basses émissions qui pourraient être mises en place au titre d'expériences-pilotes dans les villes de Namur et d'Eupen ont de leur côté donné des résultats "nuancés", avance la ministre, soulignant que ceux-ci seront présentés et discutés avec les deux communes concernées à la fin de ce mois.