Avec le confinement, la Terre tremble moins.

Tout le monde le sait: le coronavirus et le confinement qu'il impose ont forcé l'arrêt de nombreuses activités, notamment dans les grandes villes. Les gens circulent moins, des entreprises et industries sont à l'arrêt, etc. Le nombre de confinés dans le monde (près de la moitié de l'humanité!) est tel que cela a un impact... sur le mouvement de la Terre.

En effet, comme le relaie Slate, des sismologues ont pu étudier une réduction des vibrations de la croûte terrestre. Et ce sont des scientifiques belges qui, les premiers, ont constaté les effets du confinement. Selon ceux-ci, travaillant pour l'Observatoire royal de Belgique à Uccle, "les mouvements du sol à des fréquences de 1-20 Hz [plus profondes que le son d'une contrebasse, semblable à un grand orgue] sont beaucoup plus faibles depuis la mise en place des mesures de confinement par le gouvernement".

Voitures, trains, industries jusqu'aux cris des enfants... Cette diminution du "bruit terrestre" liée au confinement fait en donc en sorte que la croûte terrestre bouge un petit peu moins.

A Bruxelles et ailleurs

Comme le note le sismologue belge Thomas Lecocq, le bruit sismique ambiant à Bruxelles a été réduit de 30 à 50% depuis l'annonce du confinement général en Belgique, le 18 mars. Soit un niveau de bruit comparable à ce que l'on peut observer dans les villes le jour de Noël. Et cela a des conséquences directes pour le sismologue car "on voit donc mieux les petits mouvements du sol, les petits séismes qui se situeraient très loin... Le signal est plus propre, plus beau", déclare Thomas Lecocq à nos confrères de la RTBF.

A noter que les changements ont été également remarqués dans d'autres endroits du monde, comme le détaille Slate.

À Paris, le sismologue Claudio Satriano a ainsi pris des mesures depuis la station sismique Marie Curie. Comme pour Bruxelles, ces mesures montrent une nette réduction du bruit à partir du 17 mars à 11h, moment où le confinement a commencé à prendre effet.


Le même constat a été dressé par le sismologue Mark Vanstone en Angleterre, à Truro, dans les Cornouailles.


Les scientifiques au travail

Comme le note Thomas Lecocq à la RTBF, c'est à présent aux scientifiques de mettre à profit ces effets du confinement pour mieux "écouter" et étudier la Terre. "On va pouvoir utiliser cette période de temps maintenant - et je pense que l'on va avoir du boulot pour les mois qui vont suivre - pour faire des recherches à partir de données enregistrées par des stations qui sont généralement mauvaises. Par exemple dans le centre de Londres ou à San Francisco. On ne peut généralement pas utiliser ces stations en temps normal, parce qu'elles sont trop 'bruitées', il y a trop d'énergie polluée par la vibration générée par l'humain. Nous allons pouvoir utiliser ces stations pour étudier les zones de failles par exemple".