Recupel dénonce l’existence d’une filière parallèle orchestrée par des ferrailleurs.

Trop de frigos et de congélateurs usagés se retrouvent dans la nature au lieu de terminer leur vie dans un centre de traitement agréé, a dénoncé Recupel dans une étude divulguée ce lundi. Chaque année, plus de 220 000 de ces appareils échappent ainsi à une filière qui est pourtant à même de récupérer 98 % des matériaux (cuivre, fer, aluminium…) contenus dans un réfrigérateur par le biais de techniques de recyclage, et d’en traiter les gaz toxiques.

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Un réfrigérateur contient en effet des liquides de refroidissement et des gaz nocifs. Si ces substances ne sont pas soigneusement éliminées, elles peuvent endommager la couche d’ozone et contribuer au réchauffement climatique, détaille l’association, soulignant qu’un appareil mal traité a le même impact que les émissions de CO2 produites par un trajet en voiture de 7 500 kilomètres.

L’ASBL chargée de la collecte et du traitement de ces équipements a calculé ce chiffre en fonction des 686 459 réfrigérateurs et congélateurs mis sur le marché l’an dernier. En retour, 425 612 sont rentrés chez Recupel ou l’un de ses partenaires en vue d’un recyclage correct et 5 % des vieux appareils se sont vu offrir une deuxième vie.

Recupel impute cette situation à l’existence d’un réseau parallèle de ferrailleurs. La loi stipule que les fabricants d’appareils électr(on)iques ont l’obligation de collecter les produits usagés pour les traiter et les recycler correctement, mais des ferrailleurs leur offrent 15 € par appareil, dont ils se contentent ensuite d’extraire certains métaux précieux sans se préoccuper davantage des nuisances sur l’environnement. "Les ferrailleurs et les détaillants privilégient aujourd’hui trop souvent un profit rapide à l’environnement", déplore le CEO de Recupel.