Les plans publiés par le site openDemocracy sont révélateurs de la politique environnementale destructrice du président Jair Bolsonaro.

Sans répit, sans trêve, l'Amazonie est en proie aux flammes depuis le mois de juillet. Pourtant, les médias internationaux n'en ont informé la population que plus d'un mois plus tard.

Des feux qui sévissent par milliers au coeur du "poumon de la planète", et dont les causes sont attribuées à la sécheresse et à une politique de déforestation accélérée. Une politique anti-environnementale manoeuvrée par le président brésilien Jair Bolsonaro depuis le 1er janvier 2019.

Et les chiffres sont sans appel: depuis le premier de l'an à la date d'aujourd'hui, le nombre de feux de forêt a augmenté de 84% par rapport à l'an dernier, pour atteindre un record de 75.336 foyers d'incendie.

Des documents révélateurs

Un cran plus révélateurs que les statistiques relatives aux incendies, de nouveaux documents inédits mettent en lumière les plans de Bolsonaro pour l'Amazonie, à savoir une volonté de sabotage de la préservation du "poumon de la planète". De quoi incriminer encore davantage l'homme politique d'extrême droite à la tête du Brésil. Ces plans sont relayés par la plateforme d'investigation openDemocracy, qui "lutte en faveur de l'éducation citoyenne et tente de mettre au défi tout pouvoir quel qu'il soit, afin d'encourager le débat démocratique".

Des projets de développement doivent être mis en œuvre sur le bassin amazonien pour l’intégrer au reste du territoire national afin de lutter contre la pression internationale en faveur de la mise en oeuvre du projet de préservation de la forêt Triple A", peut-on lire à travers lignes.

Des plans très concrets y sont également rédigés noir sur blanc, comme "construire une centrale hydraulique sur la rivière Trombetas, un pont sur le fleuve Amazone et une autoroute au niveau de la frontière avec le Suriname."

À travers le texte, Bolsonaro pointe également la "campagne mondialiste qui porte atteinte à la souveraineté du Brésil dans le bassin amazonien", autre manière de dénigrer le travail des médias et des ONG de défense de l'environnement et des droits des autochtones.

Le discours climatosceptique de Jair Bolsanaro a été dénoncé par le président français Emmanuel Macron, qui a tiré la sonnette d'alarme: "Notre maison brûle. Littéralement. L’Amazonie, le poumon de notre planète qui produit 20% de notre oxygène, est en feu. C’est une crise internationale. Membres du G7, rendez-vous dans deux jours pour parler de cette urgence." La Nasa a d'ailleurs relayé des photographies de l'Amazonie vue du ciel, qui démontrent la fumée qui recouvre une partie conséquente de l'Amérique du sud. 

© Nasa

La catastrophe écologique qui se joue en Amazonie constituera un des sujets abordés lors du sommet du G7, qui se déroule du 24 au 26 août.