Jusqu’à présent, en 2021, 22 phoques morts se sont échoués sur la côte belge. La moitié d’entre eux, principalement de jeunes phoques gris, présentaient des blessures caractéristiques au cou et à la tête, rapporte une étude de l'Institut royal des Sciences naturelles de Belgique et de la Faculté de Médecine vétérinaire de l’Université de Liège.

La plupart d’entre eux se sont échoués entre Ostende et La Panne. En collaboration avec un vétérinaire et un médecin légiste, certains des animaux présentant des blessures typiques ont été examinés.

Un facteur humain

Dès lors, il a été constaté que les blessures subies par les phoques morts au printemps 2021 ont manifestement un fond identique, qui n’est pas dû aux charognards mais à un facteur humain. 

L'analyse conclut que ces phoques sont des prises accidentelles involontaires de la pêche professionnelle au moyen de filets maillants ou de filets emmêlants. Ceux-ci se coincent dans le filet qui se trouve au fond et se noient. Les animaux sont piégés avec la tête dans le filet ; le système de récupération du filet ainsi que le fin fil de nylon, provoquent une incision circulaire. Après la capture, les animaux sont jetés par-dessus bord par les pêcheurs.

Un phénomène en hausse

L'étude précise également que le nombre de phoques rejetés sur le rivage ne représente qu’une fraction du nombre total de phoques capturés accidentellement. Le nombre soudain et important d’animaux morts peut s’expliquer par le nombre élevé de jeunes phoques gris actuellement présents sur notre côte, suite à la forte croissance de la population dans le sud-est de l’Angleterre.

"Les captures accidentelles de mammifères marins doivent être considérées comme l’un des effets négatifs de la pêche sur l’écosystème. (...) Il faut également garder à l’esprit que toute forme de pêche a un impact sur l’écosystème, et que la pêche au filet maillant et au filet emmêlant, qui est dangereux pour les mammifères marins, présente des avantages environnementaux par rapport au chalutage à perche en termes d’émissions de CO2, de sélectivité et de perturbation du fond", conclut l'étude.