En 2019, la jeune activiste de 16 ans commence son année sabbatique par une traversée de l'Atlantique de 4.800 kilomètres, sur le yacht zéro-émission Malizia II, équipé de panneaux solaires et de turbines sous-marines. Le voyage a duré quinze jours, du 14 au 28 août 2019.

Greta Thunberg avait prévu de rester quelques mois sur le continent, afin de participer au sommet des Nations Unies sur l'action climatique, qui se tenait à New York en septembre, puis à la COP 25 qui devait avoir lieu au Chili, en décembre.

  • Discours aux Nations Unies

Le 23 septembre, elle participe donc au sommet de l'ONU sur l'action climatique. Le discours de l'activiste à cette occasion a marqué les esprits. "Je ne devrais pas être ici. Je devrais être de retour à l'école de l'autre côté de l'océan. Et pourtant vous venez nous demander, à nous les jeunes, de l’espoir. Comment osez-vous ! Vous avez volé mes rêves et mon enfance avec vos mots vides de sens. " L'activiste souligne ensuite la chance qu'elle a, malgré tout: "Je fais partie des chanceux. Les gens souffrent. Des gens meurent. Des écosystèmes entiers s'effondrent. Nous sommes au début d'une extinction massive. Et tout ce dont vous pouvez parler, c'est d'argent et de contes de fées d'une croissance économique éternelle. Comment osez-vous !"


Ce jour-là, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) organise une conférence de presse où Greta Thunberg et quinze autres enfants, activistes eux-aussi, annoncent avoir déposé une plainte officielle contre plusieurs nations n'ayant pas respecté l'objectif de réduction des émissions de l'accord de Paris.

  • En Automne, le monde en grève pour le climat

Inspirées par le mouvement "Fridays for Future", dont Greta Thunberg est à l'origine, des grèves pour le climat ont lieu chaque vendredi, des États-Unis au Canada, jusqu'en Europe. Lors de son passage au Canada, elle participe à des marches dans plusieurs villes et dirige un rassemblement à Montréal le 27 septembre dans le cadre de la grève mondiale pour le climat. Des centaines de milliers de personnes ont pris part à cette manifestation décrite comme la plus importante de l'histoire de la ville.

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C'est également à ce moment là que les détracteurs de la jeune activiste se montrent très actifs sur les réseaux sociaux : "Les détracteurs sont plus actifs que jamais", commente ainsi la principal intéressée. "Ils s'en prennent à moi, à mon apparence, à mes vêtements, à mon comportement et à mes différences "

  • Participation à la COP 25

Fin octobre, la COP 25 a été déplacée en Espagne en raison des protestations chiliennes. Greta Thunberg décide donc de faire le voyage retour à bord d'un catamaran, La Vagabonde. "D'un côté, beaucoup de choses ont changé dans le bon sens, mais plusieurs mois se sont écoulés sans action véritable, sans que les gens ne se rendent compte de l'urgence ", dit-elle à l'AFP à la veille du départ, confiant n'être pas vraiment plus optimiste qu'avant son périple.


Après un départ le 13 novembre, elle arrive finalement à Lisbonne le 3 décembre 2019. Elle prend alors la direction de Madrid, pour participer à la COP 25.

La jeune militante s'exprime ensuite le 11 décembre, lors de la COP 25. Elle accuse les pays, même les plus ambitieux, de "tromperie" sur leurs engagements en matière de lutte contre le changement climatique.

"Une poignée de pays riches à promis de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de tant de pour-cents, d'ici telle ou telle année, ou d'atteindre la neutralité climatique en tant d'année ", déclare-t-elle. "Cela semble impressionnant au premier abord, mais même si les intentions sont bonnes, ce n'est pas du leadership, ce n'est pas montrer la voie, c'est une tromperie ", a insisté l'adolescente.

  • Time Person of The Year

Régulièrement citée par parmi les favoris pour le prix Nobel de la paix, Greta Thunberg n'a finalement pas été retenue. Mais le Time la récompense pour ses actions en la désignant comme personnalité de l'année.


Greta Thunberg est sélectionnée par le magazine devant cinq autres finalistes: Donald Trump, la chef des démocrates au Congrès américain Nancy Pelosi, la star de l'équipe des Etats-Unis féminine de football Megan Rapinoe, l'agent de la CIA qui a averti du coup de téléphone entre Donald Trump et le président ukrainien, à l'origine de la procédure en destitution du président, et les manifestants pro-démocratie de Hong Kong.

  • Invitée à Davos et par le Parlement européen

Le 21 janvier 2020, Greta Thunberg rejoint les dirigeants économiques les plus puissants de la planète au Forum économique mondial en Suisse. Elle y prononce deux discours et souligne l'importance d'agir maintenant : "Notre maison est toujours en feu" .

En mars, elle prend part à la commission de l'environnement du Parlement européen. A cette occasion, elle critique le plan mis en place par l'Union Européenne afin de lutter contre le changement climatique, soutenant aux députés européens que ce plan équivaut à une "capitulation".

Greta Thunberg profite également de sa célébrité pour offrir 100.000 dollars à l'UNICEF, afin de protéger les enfants contre la pandémie de covid-19. "Comme la crise du climat, la pandémie de coronavirus est une crise pour les droits des enfants", estime-t-elle, citée dans le communiqué. "Elle affectera tous les enfants, maintenant et sur le long terme, et les groupes vulnérables seront les plus touchés". "J'appelle tout le monde à réagir et à me rejoindre dans le soutien au travail vital de l'Unicef pour sauver des vies d'enfants, pour protéger leur santé et poursuivre leur éducation", ajoute-t-elle.

Après cette année mouvementée et depuis ce lundi, l'activiste de 17 ans a repris le chemin de l'école.