Si en Wallonie, les vignobles et vergers semblent avoir été relativement épargnés (même si certains domaines ont bien dû avoir recours à des techniques de chauffage comme des bougies) et ne pas avoir globalement souffert de conséquences dramatiques entraînées par ce gel d’avril, en France, il est considéré comme une catastrophe nationale. C’est déjà "probablement la plus grande catastrophe agronomique de ce début de XXIe siècle", a déclaré lundi soir le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie. "Ce sont plusieurs centaines de milliers d’hectares qui ont été impactés", a ajouté le ministre, tout en soulignant qu’il était trop tôt pour chiffrer, en euros, les dégâts. "En termes d’argent, ce sera très significatif", a-t-il simplement dit. 

Julien Denormandie avait réuni plus tôt dans la journée, en visioconférence, une première "cellule de crise" sur ces gelées printanières qui ont touché 10 des 13 régions françaises, afin de coordonner la réponse de l’État. La réunion rassemblait les représentants des producteurs de vin, de fruits, de légumes et de céréales, mais aussi les assureurs ou les banques. Ce week-end, le Premier ministre Jean Castex avait promis "des enveloppes exceptionnelles"

Les producteurs ne quitteront pas les prévisions météo jusqu’à ce jeudi ; le thermomètre menace de descendre sous zéro jusqu’à jeudi matin. "Il y a des vignobles où on parle d’une perte à 80 %, d’autres, 50 %, ça peut peut-être repartir. Il y a des bourgeons qui sont gelés, mais tous n’étaient pas sortis. Par contre, sur les fruitiers où les fruits sont gelés, c’est sûr, il n’y aura pas d’autres fleurs maintenant", précise Luc Servant, vice-président des Chambres d’agriculture. 

Du côté du vin, "on sait déjà qu’on va avoir une très faible récolte en 2021", selon Jean-Marie Barillère, président du Comité des interprofessions des vins à appellation d’origine et à indication géographique. Mais ce ne sera qu’aux vendanges qu’on connaîtra l’impact définitif. Enfin, a averti le ministre de l’Agriculture, "le consommateur aura beaucoup moins accès cette année à des abricots, des cerises, certains fruits" vu la faiblesse de la récolte qui s’annonce, et "la rareté […] de nos produits sera telle que probablement les prix s’en feront ressentir".