Les bookmakers la donnent favorite. Les experts sont plus divisés.

Greta Thunberg sera-t-elle prix Nobel de la paix, pour lequel elle est citée avec insistance ?

Son nom suscite presque immédiatement la polémique, sur les réseaux sociaux, dans un débat, ou même durant les dîners de famille. En quelques mois, la Suédoise s’est muée en un phénomène médiatique capable de faire trembler les grands de ce monde, de tirer les larmes par ses discours, tout autant que d’irriter profondément ses détracteurs, de susciter la critique violente et, souvent, la haine.

Greta Thunberg, militante rendue célèbre par un discours prononcé à la conférence pour le climat de Katowice, et à l’origine du mouvement "Fridays for Future", est adulée autant que détestée. Elle incarne cette jeunesse qui tente de renverser l’ordre établi pour lutter contre le réchauffement climatique.

Le nom du lauréat du prestigieux prix sera dévoilé ce vendredi 11 octobre à Oslo. Elle est la favorite des bookmakers.

Les pronostics sont toutefois hasardeux, sinon impossibles. Les listes nominatives des candidats restent cinquante ans secrètes. Pour la paix, le Comité Nobel norvégien, qui décerne le prix, a enregistré 301 candidatures cette année.

Traditionnellement sensible aux préoccupations de l’opinion, le comité n’a pu passer à côté du phénomène "Greta" et de l’engouement qu’elle suscite auprès des jeunes générations dans son combat pour alerter les dirigeants du monde sur l’urgence climatique.

Les experts restent cependant divisés sur la réalité du lien entre conflits armés et dérèglement climatique.

Le directeur de l’Institut de recherche sur la paix d’Oslo (Prio), Henrik Urdal juge, "extrêmement improbable" que la jeune fille obtienne le prix, soulignant aussi son jeune âge. Greta Thunberg a 16 ans. La plus jeune lauréate, Malala Yousafzai, s’était vue décerner le prix Nobel à 17 ans en 2014.