L'association de défense des animaux accuse la ministre de "plier sous la pression des lobbies". L'annonce de la ministre wallonne du Bien-être animal est "une très mauvaise nouvelle pour les animaux utilisés pour des expériences scientifiques en Wallonie", indique Gaia.

L'association craint que le report de la réforme, censée améliorer la qualité de vie des animaux de laboratoire, ne constitue "un affinement de la législation actuelle" en la matière.

"Les lobbies en faveur de l'expérimentation animale prétendent que les propositions initiales de cette révision sont extrémistes", indique Gaia. "Céline Tellier a demandé à toutes les parties prenantes, y compris Gaia, de faire part de leurs commentaires. Le lobby de l'expérimentation animale n'a même pas attendu pour en discuter, mais a immédiatement tout réprimé sur la base d'excuses douteuses. (...) En imposant leur volonté de manière arrogante et élitiste, ils s'opposent même à la redevance introduite dans la proposition de révision". Cette redevance vise à développer des méthodes de recherche alternatives à l'expérimentation animale.

Gaia estime que la politique de Mme Tellier "fait preuve de très peu de dynamisme" et craint qu'elle ne conduise pas à un véritable progrès en faveur des animaux utilisés en laboratoire.

Le Fonds de la recherche scientifique (FNRS) se réjouit quant à lui de la suspension provisoire de la réforme, ainsi que de l'annonce par la ministre de la constitution d'un comité wallon sur le sujet "dans la deuxième partie de 2021".

Le FNRS soutient que "cet avant-projet menaçait potentiellement la recherche préclinique sur des médicaments et vaccins en Région wallonne", une opinion exprimée début décembre par plusieurs autorités académiques et chercheurs dans une carte blanche publiée dans Le Vif/L'Express.