La jeune Suédoise Greta Thunberg a appelé vendredi à Montréal Justin Trudeau et les dirigeants mondiaux à en faire plus pour l'environnement, avant de prendre la tête d'une grande manifestation dans le cadre d'une nouvelle "grève mondiale pour le climat".

L'immense cortège, emmené par l'égérie de la lutte contre l'inaction politique face aux réchauffement climatique, s'est ébranlé en début d'après-midi dans le centre de la métropole québécoise, dans une ambiance familiale. Resté plus en arrière, le Premier ministre s'est mêlé à la foule des manifestants. "Papa, maman, je sèche comme la planète", proclame la pancarte d'un des nombreux jeunes ayant fait la grève des cours initiée par Greta Thunberg. Interrogée lors d'un bref point de presse avant la manifestation, la jeune militante a estimé que comme la plupart des dirigeants de la planète, le Premier ministre canadien "ne faisait pas assez" d'efforts pour l'environnement. La jeune fille qui a rencontré M. Trudeau en tête-à-tête en début de matinée selon les images des télévisions, a toutefois souligné qu'elle ne voulait pas "cibler des individus" mais plutôt "se concentrer sur une vision d'ensemble parce que c'est plus facile de critiquer une seule personne". "Mon message aux hommes politiques du monde entier est le même: écoutez et agissez en fonction de ce que dit la science", a-t-elle une nouvelle fois plaidé. M. Trudeau s'est dit "entièrement d'accord" avec la jeune femme. "C'est exactement ce que nous allons faire", a promis M. Trudeau, se disant "très heureux du ton" et de "l'approche" qu'adopte Greta Thunberg "pour nous pousser en faire plus, y compris moi-même". 

Dans la foulée, il s'est engagé à planter deux milliards d'arbres sur 10 ans s'il était réélu le 21 octobre. Interrogée sur les critiques dont elle fait l'objet, la jeune Greta a de son côté dit y voir un "compliment". "Nous faisons aujourd'hui trop de bruit et les gens ont du mal à gérer alors ils essaient de nous faire taire. Nous devrions prendre ça pour un compliment", a-t-elle lancé. Quelques jours après son retentissant "Comment osez-vous" lancé à un aréopage de chefs d'Etat et de gouvernement à l'ONU, Greta Thunberg a pris la tête d'un immense cortège qui a sillonné les rues du centre-ville, derrière une banderole proclamant "maintenant ou jamais". Dans la foule, où se côtoient jeunes et familles, Alexanne Lessard défile déguisée en arbre, avec de la peinture verte sur le visage et les bras, des fausses feuilles dans les cheveux. "Je suis là pour notre futur, pour montrer à notre gouvernement que nous sommes une majorité à vouloir faire quelque chose et qu'ils peuvent prendre des décisions qui ont plus d'impact", explique cette jeune adulte à l'AFP. 

"Je suis contente que Greta soit là, ça fait venir plus de gens". M. Trudeau a pris le risque d'être interpellé par les manifestants sur sa politique environnementale. Il a été vivement critiqué pour avoir nationalisé l'oléoduc Trans Mountain, qui achemine le pétrole des sables bitumineux de l'Alberta aux côtes de la Colombie-Britannique, au grand dam des associations de défense de l'environnement et de certaines communautés autochtones. En partie grâce à l"effet Greta", les organisateurs attendaient plus de 400.000 personnes dans les rues de Montréal. D'autres manifestations étaient prévues dans les grandes villes du Canada. Aucun chiffre n'avait été donné en milieu d'après-midi. Greta Thunberg, 16 ans, doit prendre la parole en milieu d'après-midi devant l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), entité onusienne basée au coeur de la ville québécoise. Coïncidence du calendrier, les dirigeants de l'aviation civile, régulièrement montrés du doigt par le mouvement écologiste pour leur contribution aux émissions de carbone mondiales, sont réunis au siège de l'OACI à Montréal depuis mardi et jusqu'au 4 octobre pour leur assemblée triennale sur le même sujet. 

Pour des raisons de sécurité, leurs travaux ont été suspendus vendredi et reprendront ce week-end. L'organisation a envoyé un message de soutien aux manifestants. Vendredi dernier, plus de quatre millions de jeunes -et d'adultes- s'étaient mobilisés à travers le monde pour un "Friday for future", le mouvement de grève des cours initié il y a un an par la jeune Suédoise. Une semaine plus tard, la mobilisation planétaire semblait un peu marquer le pas. En Italie, plusieurs centaines de milliers de jeunes ont défilé dans tout le pays. La Nouvelle-Zélande avait lancé la journée d'action en rassemblant plus de 40.000 personnes devant le Parlement.